Bruxelles, 28/01/2010 (Agence Europe) - L'idée selon laquelle l'UE devrait émettre des obligations européennes conjointes a de nouveau été lancée par le président du groupe S&D au Parlement européen, Martin Schulz, qui appelle la Commission européenne à faire rapidement des propositions en ce sens. Émettre des obligations européennes communes aux États membres de la zone euro aiderait, selon lui, la Grèce à faire face à ses difficultés (en réduisant les taux qu'Athènes doit payer pour financer sa dette). La Commission européenne ne devrait en tout cas pas écarter la possibilité de lancer une telle initiative au motif que ce sujet hérisse certains États membres, estime-t-il dans un communiqué, en jugeant « inacceptable que l'Union européenne ne montre pas plus de solidarité envers la Grèce. L'heure est venue de la soutenir et non de l'abandonner à la merci des marchés internationaux ».
La question de la manière dont il faudrait procéder reste toutefois entière. Si la possibilité existe pour l'UE de se porter au secours des États membres qui n'appartiennent pas à la zone euro (grâce au mécanisme de soutien à la balance des paiements), il n'en va pas de même pour les pays partageant la monnaie unique (une clause de « no bail out » est insérée dans les Traités - article 125 - et la BCE ne peut prêter de l'argent à un État - article 123). Selon le quotidien français Le Monde daté du 29 janvier, différents gouvernements européens, dont la France et l'Allemagne, étudieraient toutefois, en concertation avec les instances européennes, les modalités d'un mécanisme de soutien financier, au travers de prêts bilatéraux des États membres ou de versements anticipés au titre des fonds structurels (la France et l'Allemagne auraient démenti). La porte-parole du commissaire Almunia a quant à elle refusé de commenter de tels rumeurs ou articles spéculatifs, insistant surtout sur la responsabilité du gouvernement grec pour mener à bien les réductions budgétaires et les réformes.
Plus enclins à intervenir eux-mêmes en cas de défaillance qu'à se résoudre à appeler le FMI à la rescousse, les pays de l'UE pourraient aussi, pour se montrer solidaires, recourir à l'article 122.2 du Traité qui dispose: « Lorsqu'un État membre connaît des difficultés (…) en raison de catastrophes naturelles ou d'événements exceptionnels échappant à son contrôle, le Conseil, statuant à l'unanimité sur proposition de la Commission, peut accorder, sous certaines conditions, une assistance financière communautaire à l'État membre concerné ». (A.B.)