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Bulletin Quotidien Europe N° 10056
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/transport

Siim Kallas propose un espace unique de transport européen équilibré et compétitif

Bruxelles, 14/01/2010 (Agence Europe) - C'est une vision holistique qu'a dressée devant les députés le commissaire désigné au Transport Siim Kallas. Au bout de trois heures d'audition jeudi 14 janvier, M. Kallas a réussi, de manière générale, à convaincre la plupart des membres de la commission des transports du Parlement européen, malgré quelques imprécisions dans les détails. Évoquant son approche « libérale », M. Kallas a proposé un espace unique de transport européen, mettant l'accent sur la libéralisation du marché du transport accompagnée « des services de grande qualité » et « de sécurité fiable » et équilibré d'un point de vue géographique, politique, technologique et écologique. Il s'est aussi prononcé en faveur d'une réglementation au niveau européen, notamment en ce qui concerne les scanners corporels ou la sécurité routière, de sorte à assurer « une certitude juridique ». Une fois approuvé, il entend revenir devant le Parlement européen, notamment en présentant le Livre blanc sur le transport (printemps 2010 - NDLR) qui inclura les « objectifs stratégiques » et une liste de mesures concrètes, que le commissaire désigné souhaite « discuter » avec les députés.

S'exprimant en anglais, cet ancien Premier ministre (2002-2003) et ministre des Finances (1999 - 2002) de l'Estonie a affirmé vouloir « poursuivre sur une voie de valeurs déjà entamée en coopération avec le Parlement européen ». Le principe qui guiderait le transport serait de promouvoir un service qui bénéficierait aux citoyens, et la préoccupation d'assurer des niveaux adéquats de sûreté et de sécurité. Il a mis en avant sept domaines où il envisageait « de prendre des mesures concrètes », notamment pour supprimer les entraves au bon fonctionnement du marché du transport, assurer un niveau de régulation nécessaire pour un marché compétitif et dé-carboniser le secteur. Ce dernier étant, selon lui, un « objectif ultime et non discutable ». Les mêmes actions seront prévues pour internaliser tous les coûts de transport, mettre en place les systèmes de transport intelligent (ITS), ne pas négliger la dimension extérieure et développer les infrastructures et le réseau transeuropéen de transport (RTE-T) grâce à l'amélioration de leur financement qui actuellement n'est fait « qu'à court terme » et par rapport aux intérêts nationaux. Il faut faire en sorte « que l'élargissement (de l'UE) se retrouve mieux dans notre politique de transport ».

Interrogé par Mathieu Grosch (PPE, belge) sur les aides d'État en matière de transport, M. Kallas a assuré que malgré le débat interne sur l'attribution de ce portefeuille (Concurrence ou Transport), il garderait son mot à dire. De toute façon, « les décisions qui concernent les aides d'État relèvent de la collégialité » et « j'ai la tendance à ne pas lâcher le morceau si j'ai l'impression que la chose est à défendre », a-t-il dit. À Saïd El Khadraoui (S&D, belge) qui insistait sur le transport durable et la tarification, M. Kallas a rappelé les contraintes imposées par la stratégie 20/20 (réduction de 20% des émissions d'ici 2020) en soulignant que le transport serait aussi concerné. Connu pour sa position plus que réticente par rapport à la proposition de directive « Eurovignette », il a donné son « engagement le plus ferme (…) pour se mobiliser pour faire de ce concept une réalité », mais il a souligné qu'il y existait des obstacles politiques et différentes sensibilités nationales. Insistant sur la libéralisation, M. Kallas a surtout visé le secteur ferroviaire, soulignant qu'il fallait y accroître la compétitivité et la qualité des services. Mettre en place un système de réservation informatisé dans le transport ferroviaire, analogue à celui qui existe dans l'aviation, était une des mesures le plus souvent évoquées. En répondant à Michael Cramer (Verts, allemand), l'actuel commissaire à l'Audit a admis qu'il soutenait le Parlement pour l'investissement plus important dans le secteur ferroviaire, même s'il était contre l'idée d'un accroissement des coûts pour les passagers. Il faut aussi réfléchir sur « comment combiner les crédits des fonds structurels » pour financer le rail, vu que cet argent « sert en grande partie pour financer la route ». Il a toutefois laissé une certaine marge de manoeuvre aux États membres. « Nous ne pouvons pas imposer un diktat aux États membres » en ce qui concerne l'attribution des investissements. Toujours en matière du rail, M. Kallas a annoncé la révision du premier paquet ferroviaire en septembre prochain. Relevant la question de la cohésion territoriale, évoquée par plusieurs députés, M. Kallas a relancé l'idée d'une meilleure utilisation des fonds de cohésion et a annoncé qu'il mettrait plus d'accent sur la cohésion lors de la « révision de la politique du réseau transeuropéen de transport ».

Sur de nombreuses questions relevant de la sécurité routière, notamment celle des infractions soulevées par Anna Rosbach (EFD, danoise), M. Kallas s'est montré assez ferme. « Pas question de ne pas avoir la réglementation » sur la directive pénalisant les infractions routières transfrontalières, a-t-il insisté à plusieurs reprises, faisant entendre qu'il allait s'appuyer sur les dispositions du Traité de Lisbonne pour avancer dans ce domaine. Sur la sécurité routière, il ne s'agit « pas de modifier les objectifs de réduction du nombre de victimes », mais d'agir, notamment au travers des infrastructures, des ITS ou des point noirs. Il a toutefois refusé de faire des propositions visant à harmoniser, en Europe, les limitations de vitesse et le taux d'alcoolémie, des projets évoqués par l'Espagnole Ines Alaya Sender (S&D). « Cela dépend de la qualité des routes, de l'organisation du transport (…) Nous ne pouvons pas proposer une recette miracle », a-t-il dit. Du même, pour le taux d'alcoolémie, il a mis en avant « les différences culturelles ». « Je serais plus stricte en Estonie qu'en Belgique », mais « ne me citez pas sur cela », a-t-il ironisé. Il a aussi appuyé l'idée « d'une législation européenne pour les scanners corporels », évoqués notamment par l'Allemand Michael Gahler (PPE) mais a prévenu qu'il attendrait la finalisation d'une étude avant de faire des propositions. « La sécurité n'est pas une science pure (…), mais si les aéroports constituent la dernière ligne de défense, nous ne faisons pas assez », a constaté M. Kallas. Il a toutefois estimé qu'il n'était pas nécessaire de modifier le système actuel de financement des normes de sécurité dans les aéroports. Répondant à Anna Rosbach, le commissaire désigné s'est « pleinement rallié » à l'objectif d'utilisation de 10% d'énergies renouvelables dans le secteur du transport. « Les ambitions peuvent être élevées mais elles doivent être atteignables », a-t-il répondu à un député qui proposait de doubler ce seuil.

Pas de nouveauté, dans l'immédiat, pour les aides d'État pour les installations portuaires, évoquées par Dirk Sterckx (ADLE, belge). « Il s'agit d'une décision collégiale », pas de nouvelles sur les aides d'État en matière de ports, a-t-il dit, un peu confus. Néanmoins, il a insisté sur le besoin de faciliter le travail des ports, notamment en enlevant les obstacles administratifs. Au Polonais Artur Zasada (PPE) qui l'interrogeait sur les moyens permettant de rendre le transport maritime plus compétitif, M. Kallas a répondu que le plus urgent était de « supprimer les barrières pour les navires qui entrent dans les ports », ce qui « fera l'objet d'un paquet maritime à présenter l'année prochaine ». En répondant à Silvia-Adriana Ticãu (S&D, roumaine), sur les moyens de financer le développement des infrastructures, M Kallas a réitéré que les moyens actuels n'étaient pas suffisants et que « trop de fonds ont été disséminés entre petits projets ». Nous avons « besoin de davantage d'investissements stratégiques », a-t-il insisté. Il s'est dit très favorable à la promotion des voies de navigation intérieure, évoquée par de nombreux députés (notamment le Français Gilles Pargneaux) en estimant qu'il faut « les inclure véritablement dans le réseau de transport européen ». Interrogé par le président de la commission, Brian Simpson (S&D, britannique), sur le rôle de l'UE sur la scène internationale, M. Kallas a défendu une position « forte » de l'UE dans les organisations internationales. « Sans la coopération internationale, il est impossible de faire avancer les choses », a-t-il insisté. (A.By.)

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