Le nombre de banques européennes qui résistent à la crise augmente mais l'écart se creuse entre bons et mauvais élèves. Les banques européennes qui résistent à la crise et qui s'adaptent au nouvel environnement économique sont de plus en plus nombreuses, selon le quotidien français Les Échos. De manière générale, la plupart des grands établissements européens ont enregistré d'importants bénéfices au troisième trimestre 2009. Ils sont portés notamment par la santé de leurs activités de banque de financement et d'investissement (BFI). L'écart se creuse toutefois entre bons et mauvais élèves. Après les bons résultats de PNB Paribas (1,3 milliard d'euros de bénéfices au troisième trimestre 2009 contre 900 millions au troisième trimestre 2008) et ceux, plus contrastés de la Société Générale (430 millions d'euros de bénéfices contre 180 millions), le Crédit Agricole a également réalisé une bonne performance au troisième trimestre, en France, avec 290 millions d'euros de bénéfices en légère baisse toutefois par rapport à la même période de 2008 (370 millions d'euros). Au Royaume-Uni, HSBC et Barclays, largement profitables, confirment leur statut de bons élèves britanniques. HSBC devrait réaliser un résultat net avant impôts équivalent à 11,2 milliards d'euros sur l'ensemble de 2009 et Barclays a réalisé un résultat net avant impôt de 1,8 milliard au troisième trimestre 2009. En Italie, Unicredit (390 millions d'euros de résultat net au troisième trimestre 2009 contre 530 millions sur la même période l'an dernier) et Intesa Sanpaolo (670 millions d'euros au troisième trimestre 2009, montant inchangé par rapport à 2008) soufflent le chaud et le froid sur la réalité de la reprise. En Espagne, Banco Santander (résultat net de 2,22 milliards d'euros au troisième trimestre 2009, montant quasi inchangé par rapport au troisième trimestre 2008 soit 2,21 milliards) et BBVA (résultat net au troisième trimestre 2009 de 1,38 milliard d'euros contre 1,39 milliard sur la même période de 2008) continuent de dépasser les attentes, profitant de leur grande diversification géographique. En Allemagne, Deutsche Bank a triplé en 2009 son résultat net trimestriel à 1,4 milliard d'euros et, en Suisse, Crédit Suisse est repassé dans le vert avec un bénéfice net de 1,6 milliard d'euros au troisième trimestre 2009 (contre un résultat négatif de -800 millions d'euros sur la même période en 2008). Comment ces banques sont-elles capables de réaliser de telles performances alors que la récession continue de frapper les entreprises et les ménages et que les flux de crédit se sont taris ? Les Échos y voient trois raisons essentielles: d'abord grâce à la résistance de leurs activités de banque de détail, ensuite parce que les activités de BFI tournent à plein régime, la demande en émissions obligataires, en produits de couverture ou en financements structurés restant très forte. Enfin, parce que le rythme de dépréciation des actifs à risque a ralenti. Les économistes restent toutefois prudents: les activités de BFI risquent de ralentir et les bilans ne sont pas encore complètement nettoyés. En outre, le milieu bancaire est encore peuplé de mauvais élèves. Parmi lesquels RBS et Lloyds Banking au Royaume-Uni, qui ont dû être massivement renflouées par les pouvoirs publics. En Espagne, les caisses d'épargne locales commencent à payer les factures du retournement du marché immobilier et en Suisse les collectes d'argent d'UBS posent problème. Au 13 novembre, le classement des principales banques européennes, selon leur capitalisation boursière, s'établit comme suit: 1) Santander (95,2 milliards d'euros) ; 2) BNP Paribas (67,9 milliards) ; 3) BBVA (48,2 milliards) ; 4) Crédit Suisse (44 milliards) ; 5) Unicredit (41,8 milliards) ; 6) Barclays (40,9 milliards) ; 7) UBS (40,1 milliards) ; 8) Intesa Sanpaolo (38,2 milliards) ; 9) Société Générale (36,7 milliards) ; 10) Crédit Agricole (34,9 milliards). (I.L.)