Bruxelles, 16/11/2009 (Agence Europe) - Si la crise a pu renforcer l'attractivité de l'euro, les pays candidats à son adoption restent soumis aux mêmes conditions d'entrée que par le passé. C'est ce qu'a répété, lundi 16 novembre, Joaquín Almunia, qui insiste sur la convergence durable des économies candidates à la monnaie unique. « L'adoption de l'euro ne devrait pas être considérée comme une solution rapide aux vulnérabilités économiques. Elle devrait plutôt faire partie d'une stratégie politique à long terme plus large », a expliqué le commissaire aux Affaires économiques et monétaires, lors d'une conférence sur l'intégration économique européenne à Vienne. Si la crise peut éventuellement contribuer à galvaniser le soutien public et politique aux efforts nécessaires pour se rapprocher de cet objectif, « un élargissement accéléré de la zone euro qui exigerait une dérogation ou un assouplissement des critères d'admission spécifiés par le traité n'est pas une option », a-t-il martelé. Selon lui, sans convergence durable, l'adoption de l'euro pourrait s'avérer une mauvaise stratégie pour le pays en question et risquerait de rendre la gestion de l'Union économique et monétaire plus difficile, en augmentant un peu plus les divergences au sein de la zone euro. « Le respect des critères de convergence d'une manière durable est dans l'intérêt à la fois des membres potentiels et des membres existants de la zone euro », insiste ainsi M. Almunia. Au Parlement européen toutefois, certains comme le président du groupe ADLE, Guy Verhofstadt (belge), ont déjà demandé à la Commission de réfléchir à une façon de faciliter l'adhésion à l'euro des États membres d'Europe centrale et orientale. S'il ne s'agit pas de changer les critères d'adhésion, l'idée est de placer ces pays dans les meilleures conditions pour y entrer plus vite et d'étendre l'effet protecteur de la monnaie unique grâce à certains aménagements précis (EUROPE n° 10006).
« La crise financière n'a pas changé notre politique pour l'adoption de l'euro », a aussi rappelé lundi Gertrude Tumpel-Gugerell, membre du Directoire de la Banque centrale européenne (BCE). En l'absence de convergence suffisante pour les pays d'Europe centrale et orientale, une adhésion précipitée à l'euro « n'est certainement pas une solution pour surmonter l'impact de la crise », a-t-elle souligné dans son discours à Vienne. Selon elle, « la politique monétaire unique de la zone euro pourrait ne pas convenir, entraînant ainsi le risque de cycles de surchauffe et d'une volatilité forte de l'inflation dans le pays concerné ». Une entrée prématurée dans la zone euro priverait le pays d'outils d'ajustement importants, de sorte qu'une stratégie d'adoption de l'euro crédible, sans calendrier trop ambitieux, reste primordiale. (A.B.)