Bruxelles, 05/11/2009 (Agence Europe) - S'exprimant jeudi 5 novembre devant la conférence annuelle de l'Association des régions frontalières d'Europe (ARFE) qui se tient à Gand (Belgique), le commissaire à la Politique régionale, Pawel Samecki, a traité des travaux en cours sur la réforme du budget et l'avenir de la politique de cohésion, ainsi que de l'entrée en vigueur imminente du Traité de Lisbonne. Le commissaire Samecki a ainsi appelé à « ne pas se laisser distraire des plans prudents pour l'avenir de la politique de cohésion par des suggestions contenues dans des projets de documents non encore finalisés ». À propos de l'entrée en vigueur imminente du Traité de Lisbonne, il a fait valoir l'importance de « désigner et proposer une politique de cohésion qui soit fondée sur les résultats déjà atteints tout en accélérant le mouvement vers une politique d'orientation plus forte et ciblée ».
Notant la plus-value de la contribution de la politique de cohésion aux régions (par le biais d'approches innovantes pour éliminer les obstacles à la croissance et au développement, d'un alignement des intérêts privés et publics dans l'intérêt communautaire, de l'échange de bonnes pratiques par des initiatives telles que les régions pour le changement économique ou encore Urbact, d'un partage des bénéfices des biens publics, via par exemple des initiatives dans le domaine de la recherche et de l'innovation), le commissaire Samecki a affirmé que pour que perdure cette contribution, la nouvelle politique de cohésion doit se concentrer sur trois objectifs: faciliter la croissance dans les régions les plus pauvres de l'UE, améliorer la compétitivité et l'emploi au niveau régional, stimuler l'intégration au-delà des frontières. La Commission maintiendra avec certitude l'approche actuelle des programmes avec sa structure (lignes directrices communautaires, cadres de référence nationaux, programmes opérationnels, cofinancement au niveau approprié) pour autant que nous essayons d'améliorer chacun des éléments individuels, a commenté le commissaire. « Nous avons besoin d'une dimension stratégique claire de telle sorte qu'on puisse apporter une réponse immédiate à la question: pourquoi la politique de cohésion intervient ici ? » Et Pawel Samecki d'insister sur la nécessité de « plus se concentrer sur les conséquences et les résultats », de « renforcer la durabilité de nos interventions » et d'« améliorer sans cesse la coordination et l'intégration de nos activités, raison pour laquelle nous continuerons à travailler sur les stratégies macrorégionales ».
Le discours de Gand venait compléter les propos tenus par Pawel Samecki, mercredi 4 novembre à Bruxelles, à l'occasion du 5ème anniversaire de l'adhésion de la Pologne à l'Union européenne sur le thème « La politique de cohésion - réflexions pour le présent et l'avenir ». Se référant au président de la Commission, José Manuel Barroso, qui avait affirmé que « le raisonnement politique et économique de la politique de cohésion était bien plus fort actuellement qu'il y a 20 ans », Pawel Samecki a estimé que « c'était loin d'être le cas ». « La vision politique première, qui a donné de l'allant à la politique de cohésion, est aujourd'hui souvent oubliée », a fait remarquer le commissaire en ajoutant que « pour soutenir l'intégration, nous avons besoin, aujourd'hui et à l'avenir, d'une politique de développement forte axée sur une croissance durable à long terme et sur la prospérité des régions européennes ». M. Samecki a cité les domaines qui nécessitent une réforme: (1) nous devons concentrer nos ressources sur un nombre limité de priorités, prédéfinies afin de mettre en place une masse importante d'interventions au niveau européen sur les priorités approuvées et focaliser notre attention sur des objectifs clairs ; (2) il est nécessaire de plus se concentrer sur les résultats politiques, lesquels doivent permettre aux régions et aux États membres d'apprendre les uns des autres ; (3) il faut mettre l'accent sur le développement d'institutions efficaces ; (4) les delivery systems doivent devenir plus simples et plus efficaces ; (5) nous devrions rendre plus flexibles le budget de la politique de cohésion et les règles en matière de dépenses afin d'adapter les nouveaux besoins et de générer de nouvelles idées et approches dont nous avons désespérément besoin. « J'ai pu constater personnellement que cette politique a fait la différence dans l'UE. Et il faut que se poursuive sur cette voie », a conclu le commissaire Samecki. (G.B.)