Bruxelles, 22/09/2009 (Agence Europe) - Le sommet tripartite Obama-Netanyahu-Abbas, programmé dans le courant de la journée de mardi (heure de New York) en marge de l'Assemblée générale de l'ONU, aura produit son principal résultat avant même de commencer: le fait d'avoir lieu alors que rien dans les dernières tractations menées par l'envoyé spécial américain, George Mitchell, ne semble générer de l'optimisme. L'exigence de base américaine - le gel de la colonisation - n'a pas été satisfaite et, malgré une désillusion publiquement exprimée, le président palestinien a fait le voyage à New York sous la pression du président égyptien et du roi de Jordanie et, souligne l'entourage de Mahmoud Abbas, par égard pour le président Obama. « Un voyage pour nulle part », ont souligné de leur côté également des commentateurs israéliens (dans le quotidien Yediot Aharonot) à l'évocation de celui de leur Premier ministre. Le journal note que la rencontre « aura finalement lieu même si les entretiens laborieux et frustrants (de George Mitchell) n'ont permis aucune avancée ». L'essentiel serait dans la prise de la « photo », afin de faciliter la tâche de MM. Netanyahu et Abbas appelés à négocier durement au sein de leurs classes politiques respectives les critères de relance du processus de paix bloqué depuis la guerre de Gaza. Benyamin Netanyahu « n'a pas cédé aux pressions des Américains (…) tandis qu'Abou Mazen et les dirigeants des pays arabes n'ont pas donné aux Américains la contrepartie » de la concession exigée par Israël qui aurait permis à M. Netanyahu de « faire passer le gel (des colonies) et l'accord avec les Américains auprès de ses partenaires de la coalition gouvernementale », note Yediot Aharonot. Le quotidien affirme aussi que « du côté israélien, on avait hier (lundi) du mal à cacher un certain dédain, et parfois de la moquerie, vis-à-vis du gouvernement Obama ». « Que s'imaginaient-ils, qu'ils demanderaient à Netanyahu de geler toute construction dans les territoires et qu'il se mettrait au garde-à-vous ? », a déclaré un responsable israélien cité par le journal. « La faute la plus grave » attribuée aux Américains est d'avoir accepté de négocier dans les détails sans présenter des « demandes concrètes et précises non négociables ». Mitchell a, selon le journal, « perdu des mois en marchandages inutiles (…) les négociations se sont déroulées comme dans un bazar oriental ». L'autre erreur des Américains serait d'avoir placé leurs efforts dans un cadre pour lequel Israël a une aversion bien connue: l'ONU, même si c'est en marge des travaux de cette institution.
Parallèlement aux efforts particuliers déployés par le président Obama, la communauté internationale se mobilise pour les relayer et le Quartette (États-Unis, UE, Russie et ONU) a fixé une date pour une réunion, également à New York: ce sera jeudi après-midi et elle marquera l'entrée sur la scène, visiblement, de l'UE, dont le Haut représentant est déjà sur place. Il y aurait en fait plusieurs réunions, l'une spécifiquement centrée sur le contact direct israélo-palestinien, l'autre regroupant les représentants du Quartette et des homologues des pays arabes et plus spécifiquement ceux du CCG (Conseil de coopération du Golfe) avec lesquels sera également abordé le dossier iranien. Javier Solana, qui est, selon son entourage, en concertation étroite avec George Mitchell, a sur son agenda particulier une série de rendez-vous bilatéraux, dont un avec le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa et également avec des délégations jordanienne et égyptienne. (F.B.)