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Bulletin Quotidien Europe N° 9982
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/santÉ

L'ECDC et l'EMEA soulignent l'urgence absolue de trouver de nouveaux antibiotiques

Bruxelles, 22/09/2009 (Agence Europe) - En dépit des politiques mises en œuvre pour réduire la consommation d'antibiotiques, la résistance de certaines bactéries continue d'augmenter. Or, la recherche et le développement de nouveaux médicaments se sont considérablement ralentis au cours des dernières années. Tel est le constat d'un rapport du centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) et de l'agence européenne des médicaments (EMEA) publié jeudi 17 septembre dans le cadre d'une conférence organisée à Stockholm. Sans être alarmiste, ce rapport souligne l'urgence de la situation.

Dans leur rapport, l'ECDC et l'EMEA rappellent que les bactéries causent des infections graves et que, chaque année, 25 000 patients meurent dans l'UE des suites d'une infection due à une bactérie multirésistante. Les infections causées par ce type de bactéries ont un coût total (soins de santé et perte de productivité) d'au moins 1,5 milliard d'euros. Les politiques visant à réduire la consommation d'antibiotiques et à en faire un meilleur usage produisent des effets: la résistance diminue globalement dans l'Union européenne. Il faut cependant distinguer les bactéries Gram positif (par exemple, Saphylococcus Aureus, Enterococcus Faecium) dont le niveau de résistance diminue (cette diminution est particulièrement forte et constante en ce qui concerne le staphylocoque doré soumis à une surveillance rigoureuse depuis plusieurs années) et les bactéries Gram négatif (Escherichia Coli, Klebsiella Pneumoniae) qui voient leur résistance s'accroître. Or plusieurs molécules contre les bactéries gram positif sont actuellement en cours d'essais cliniques, alors qu'il n'y a pratiquement aucun nouvel antibiotique en cours de développement pour les bactéries gram négatif.

« Nous sommes très en retard », constate le professeur Otto Cars (maladies infectieuses, Université d'Uppsala en Suède) qui n'hésite pas à parler d'une « urgence absolue ». « Il n'y a pas grand-chose dans le pipeline », déplore cet expert, qui dirige le programme stratégique suédois de lutte contre les résistances aux antibiotiques, en plaidant pour une action immédiate de l'UE et des États membres. Selon lui, nous sommes devant « un échec du marché » et « le système doit être modifié dans une certaine mesure ». L'industrie pharmaceutique a, au cours des dernières années, favorisé le développement de nouvelles molécules concernant des maladies comme les diabètes, les maladies rhumatismales ou encore les maladies dégénératives, parce qu'elles visaient une population âgée en croissance et présentaient moins de risques. À cela s'ajoutent des difficultés scientifiques liées à la morphologie des bactéries Gram négatif, qui présentent notamment une enveloppe composée de phospolipides (c'est-à-dire hydrophile à l'extérieur) plus épaisse que celle des bactéries Gram positif, et sont donc plus difficiles à pénétrer par les antibactériens. Aujourd'hui, il y a un réel besoin d'intervention publique, explique le professeur, qui insiste sur la nécessité de renforcer la recherche, notamment la recherche fondamentale en microbiologie qui a été particulièrement négligée. De nouveaux incitants sont aussi nécessaires pour soutenir le développement des nouveaux médicaments et compenser le faible attrait d'un marché limité par les politiques de lutte contre la surconsommation d'antibiotiques. Pour ce faire, il est possible d'utiliser une forme de partenariat public-privé, peut-être dans l'esprit des engagements pris par les États membres pour les vaccins, explique Otto Cars. Au niveau de l'UE, un groupe d'experts pourrait être chargé du suivi de la résistance et du développement de nouveaux médicaments.

Les experts des États membres se retrouveront le 9 octobre à Bruxelles pour préparer un texte de conclusions en vue du Conseil Santé du 1er décembre 2009. (O.J.)

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