Bruxelles, 22/09/2009 (Agence Europe) - À l'occasion de la présentation de son rapport annuel, mardi 22 septembre, le président de l'Association des armateurs de la Communauté européenne (ECSA), Marnix van Overklift, a mis en garde contre le maintien des mesures protectionnistes dans le secteur, surtout au moment de la crise. « Le protectionnisme doit être évité » et l'attention devrait être focalisée sur le « financement des projets sains », a-t-il insisté, soulignant que des pratiques protectionnistes déjà rencontrées dans le secteur (restrictions imposées aux équipages, exigences par rapport au pavillon) se sont renforcées ces derniers temps. D'après l'ECSA, qui a l'ambition de maintenir, voire de renforcer, la position forte du transport maritime européen, il serait également important de remettre de l'ordre dans le secteur bancaire et d'éviter la spéculation en matière de construction navale. Toute subvention à la construction navale devrait être évitée, selon l'Association, qui craint qu'avec la production grandissante en Corée et en Chine, le secteur ne se retrouve confronté à une surcapacité. Abordant la question des émissions de gaz à effet de serre dans le secteur maritime, M. Overklift s'est clairement prononcé en faveur d'une solution à dégager au niveau international. L'Association préfère en effet une solution négociée au sein de l'Organisation maritime internationale (OMI) plutôt que le recours à des normes contraignantes au niveau régional (européen). « Nous sommes en contact avec la Commission européenne » (qui en absence de progrès à l'OMI envisage de proposer des mesures au niveau européen), mais « l'OMI est un vecteur naturel » pour ce genre de discussions, a estimé M. Overklift. Et de préciser qu'il fallait tout d'abord voir quel serait la base du calcul des niveaux des émissions (2005 ou aujourd'hui), quels seront l'évolution du commerce mondial ainsi que les résultats du sommet des Nations unies sur le climat à Copenhague, qui devrait établir un objectif mondial pour la réduction des émissions de CO2. Abordant la future politique maritime de l'UE et la communication de la Commission européenne présentée à se sujet en janvier dernier (EUROPE n°9822), M. Overklift l'a qualifiée de « bonne base de travail ». Il faut maintenant mettre cette stratégie en œuvre et « maintenir un cadre dans lequel la marine marchande européenne serait compétitive au niveau mondial », a-t-il précisé, tout en soulignant que l'Association était prête à travailler avec les institutions européennes, en particulier avec le nouveau Parlement européen. (A.By.)