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Bulletin Quotidien Europe N° 9982
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/jai

L'UE croit aux négociations avec Ankara et Tripoli pour réguler les flux migratoires

Bruxelles, 22/09/2009 (Agence Europe) - La Commission européenne a annoncé, lundi 21 septembre, son intention de continuer à négocier avec la Turquie et la Libye pour réguler les flux migratoires à destination de l'Union européenne. Ces deux pays constituent les points noirs de la stratégie européenne en matière d'immigration et d'asile. C'est en effet depuis ces pays que des milliers de migrants arrivent sur le territoire européen. Le nombre croissant des flux dits « mixtes », parce qu'ils concernent à la fois des immigrants illégaux et des demandeurs d'asile, provoque une surchauffe des capacités d'accueil et de contrôle aux frontières des pays du sud de l'UE et entraîne même, dans les pires des cas, la mort de migrants en mer. Pour sortir de cette impasse, la Commission mise donc énormément sur de nouvelles négociations avec ces deux pays. À l'issue de la réunion des ministres européens de l'Immigration, le commissaire européen Jacques Barrot a rendu compte d'une visite « constructive » de son directeur général, Jonathan Faull, à Ankara. Du coup, il s'est permis d'annoncer qu'il se rendrait probablement fin octobre/début novembre sur place avec la Présidence suédoise. « Nous avons commencé à nouer un dialogue avec Ankara sur la réadmission des immigrants illégaux et pour surveiller les départs organisés par les trafiquants au départ des îles grecques », a déclaré M. Barrot. Selon lui, environ 12 millions de personnes ont reçu une protection internationale en Turquie. « Avec la création d'un programme de réinstallation, on pourrait avoir une coopération plus efficace de la part des Turcs pour lutter contre les passeurs », a-t-il dit. En ce qui concerne la Libye, le commissaire a rappelé être prêt à assister les autorités libyennes dans le renforcement de leurs capacités pour prévenir les entrées et les sorties du territoire et pour améliorer le traitement des demandeurs d'asile. Selon les propres mots du ministre français de l'Immigration, Eric Besson, le dialogue avec la Libye est « complexe » et arriver à un accord avec elle « ne sera pas aisé, mais c'est la seule solution! ». De son côté, le secrétaire d'État italien Nitto Francesco Palma a fait savoir que sur les 757 personnes renvoyées au cours de l'été en Libye, aucune demande d'asile n'avait été effectuée. Plusieurs associations, notamment Human Rights Watch (voir autre nouvelle), estiment pourtant que l'Italie n'a pas respecté le droit international en expulsant vers la Libye des migrants parmi lesquels se trouvaient des demandeurs d'asile. « Nous examinons les réponses que le gouvernement italien nous a fournies », a simplement indiqué M. Barrot, à propos de ces accusations. « Nous voulons nous attaquer aux causes. C'est pourquoi nous tenons à nouer ce dialogue avec la Libye. C'est une chance si nous arrivons à obtenir de la Libye que les demandes d'asile soient examinées sur leur sol », a-t-il toutefois conclu. À l'issue de la réunion, même le Haut commissaire aux réfugiés des Nations unies, António Guterres, ne s'est pas montré hostile à ce qu'une coopération puisse émerger avec la Libye, notamment si cette dernière consent à faire des efforts substantiels pour respecter davantage les droits des demandeurs d'asile sur son sol (EUROPE n° 9981). (B.C)

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