Bruxelles, 21/09/2009 (Agence Europe) - À moins de deux semaines du second référendum irlandais sur le Traité de Lisbonne (2 octobre), le président de la Commission, José Manuel Barroso, a rappelé aux Irlandais que s'ils veulent garder à l'avenir le droit de désigner un commissaire européen, ils devront impérativement voter en faveur du nouveau traité. « La seule façon pour l'Irlande d'assurer qu'elle aura toujours un commissaire est de voter 'oui' à Lisbonne. Dans le cas contraire, bien entendu, nous devrons réduire le nombre de commissaires. Cela figure dans les traités actuels (Traité de Nice) et nous sommes légalement obligés de le faire », a expliqué M. Barroso dans un entretien avec le Irish Times publié lundi 21 septembre. Samedi 19 septembre, en route pour New York où il assiste cette semaine à l'Assemblée générale de l'ONU, M. Barroso avait fait une courte escale à Limerick. Interrogé sur les conséquences d'un éventuel deuxième « non » irlandais, M. Barroso a anticipé une situation « très négative ». « Je dois vous dire que ce serait très négatif. Nous respecterons la décision du peuple irlandais quelle que soit cette décision. Mais (un 'non') serait très négatif pour toute l'Europe, y compris pour l'Irlande, évidemment », a dit le président de la Commission. M. Barroso a aussi catégoriquement réfuté certains arguments « intellectuellement et politiquement malhonnêtes » avancés par le camp du 'non', comme par exemple celui qui prétend qu'avec l'entrée en vigueur du Traité de Lisbonne, l'Irlande serait obligée d'abaisser le niveau de son salaire minimal. Rien de tel n'est prévu dans le traité, les gens « jouent avec la peur » des citoyens en divulguant « parfois des mensonges, de purs mensonges », a critiqué M. Barroso. Entre-temps, le commissaire irlandais Charly McCreevy, à qui certains avaient reproché son attitude passive, voire négative lors du premier référendum en 2008, s'est également engagé en faveur de Lisbonne. Dans un discours fait à Dublin le 18 septembre, McCreevy avance essentiellement des arguments économiques en faveur du nouveau traité. Avec un nouveau « non », l'Irlande risquerait de perdre toute crédibilité auprès des investisseurs internationaux avec des conséquences dramatiques pour son économie, argue-t-il notamment. Selon les derniers sondages, 53% des Irlandais ont l'intention de voter pour et 26% contre le Traité de Lisbonne. 21% des personnes interrogées se déclarent encore indécises. (H.B.)