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Bulletin Quotidien Europe N° 9981
Sommaire Publication complète Par article 35 / 38
INTERPENETRATION ECONOMIQUE / (eu) investissements

La chute des investissements directs mondiaux se poursuit en 2009 - Pas d'amélioration sensible avant 2011. - L'aggravation de la crise économique et financière en 2008 a assombri les perspectives mondiales en matière d'investissements directs étrangers (IDE) indique la Cnuced (Conférence des Nations unies sur le Commerce et le Développement) dans son étude annuelle des tendances de l'investissement dans le monde. Après un montant encore record enregistré pour l'année 2007 (1 979 milliards de dollars), les flux d'IDE ont baissé en 2008 à 1 697 milliards de dollars et baisseront encore à moins de 1 200 milliards en 2009. Une lente reprise devrait s'amorcer en 2010, les investissements ne dépassant pas 1 400 milliards de dollars avant d'accélérer en 2011 au niveau d'environ 1 800 milliards. Sur l'ensemble de 2008, alors que les flux ont reculé au niveau mondial, dans les pays développés où la crise a éclaté, les flux vers les pays en développement et les pays en transition de l'Europe du Sud-Est et de la Communauté d'Etats indépendants (CEI) ont continué d'augmenter. Un décalage qui s'explique en partie par le temps qu'il a fallu pour que le ralentissement économique frappe les pays en développement et, petit à petit, leurs exportations. L'écart semble s'être comblé à la fin de 2008 ou au début de 2009, les données dont dispose la Cnuced signalant une baisse généralisée dans tous les regroupements économiques. La crise a aussi changé la donne: les investissements à destination des pays en développement et des pays en transition ont fait un bond en avant, leur part dans les flux mondiaux passant à 43% en 2008. Cette poussée s'explique en partie par une forte baisse des flux d'IDE vers les pays développés (29%). En Afrique, les investissements étrangers ont atteint un niveau sans précédent, l'Afrique de l'Ouest se taillant la part du lion avec une augmentation de 63% par rapport à 2007. L'Asie du Sud-Est, du Sud et de l'Est, avec une progression de 17%, a atteint un nouveau record. Les IDE à destination de l'Asie occidentale ont continué d'augmenter pour la sixième année consécutive alors qu'en Amérique latine et dans les Caraïbes, la hausse a été de 13%. L'Europe du Sud-Est et la CEI ont, quant à elles, connu leur huitième année consécutive d'augmentation. Toutefois, en 2009, les IDE reculeront dans toutes les régions, prédit la Cnuced. En ce qui concerne les sorties d'investissements étrangers, elles ont également connu une baisse en 2008 mais moins forte (-17%) que les entrées. Les États-Unis ont conservé leur position de premier pays d'origine, suivi par la France, tandis que le Japon, avec une progression de 74%, se classait parmi les cinq premiers pays investisseurs. Dans l'ensemble, les IDE provenant des régions en développement ont continué d'augmenter, atteignant 293 milliards de dollars en 2008, même si, selon les régions, les résultats ont varié. Les sociétés transnationales d'Amérique latine et d'Asie de l'Est - notamment de Chine - ont amorcé un vaste mouvement d'expansion à l'étranger. En Asie occidentale, par contre, les sorties d'IDE ont fortement diminué. Parmi les pays en développement et les pays en transition, les trois premiers pays d'origine d'IDE ont été Hong Kong (Chine), la Fédération de Russie et la Chine, qui se sont classées au nombre des vingt plus gros investisseurs de la planète. Un facteur tout à fait déterminant dans la baisse des flux d'IDE a été la multiplication des opérations de désinvestissement menées par les sociétés transnationales dans le monde entier. Par ailleurs, les fusions-acquisitions internationales - l'une des principales sources de croissance des IDE ces dernières années, ont sensiblement diminué sous l'effet de la contraction des marchés financiers au second semestre 2008. Sur l'ensemble de l'année 2008, la valeur de ces transactions a chuté de 35%, pour s'établir à 673 milliards de dollars (un niveau comparable à 2006), tendance qui se confirme jusqu'à présent. En effet, en année pleine, la baisse des fusions et acquisitions internationales au premier trimestre de 2009 a atteint 76%. Les sociétés de capital-investissement qui, par leurs opérations de rachat de sociétés avec des capitaux d'emprunt, avaient été à l'origine de l'essor des fusions-acquisitions, ont vu la valeur de leurs transactions internationales perdre 38% en 2008, et plus encore au premier semestre de 2009. À l'inverse de l'évolution générale, les fonds souverains ont accru leurs IDE en 2008, la valeur de leurs fusions-acquisitions internationales (IDE que ces fonds privilégient) grimpant de 16%, à 20 milliards de dollars. (I.L.)

 

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