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Bulletin Quotidien Europe N° 9964
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/jai

Amnesty appelle Ottawa à supprimer les visas pour les Tchèques

Bruxelles, 27/08/2009 (Agence Europe) - Amnesty International (AI) a appelé le Canada à lever l'obligation de détenir un visa touristique pour les citoyens de la République tchèque. L'organisation estime qu'il s'agit d'une mesure qui viole les droits de l'Homme de ce pays. L'ONG fustige aussi la décision similaire prise à l'encontre des ressortissants mexicains. Amnesty a donc envoyé le 24 août une lettre dans ce sens au ministre canadien de la Citoyenneté, de l'Immigration et du Multiculturalisme, Jason Kenney. « AI insiste pour que vous annuliez votre décision et leviez l'obligation de visa ou mettiez en place des mesures qui ne feront pas obstacle aux droits des individus de demander le statut de réfugié », souligne l'organisation dans sa lettre. L'organisation dit espérer que le système d'asile canadien puisse continuer à être accessible aux Tchèques, compte tenu des cas de violations des droits de l'Homme dans ce pays. Mais si l'ONG reconnaît le droit d'un État à contrôler l'entrée des étrangers sur son territoire, elle se dit clairement opposée à toute restriction d'accès aux procédures permettant de déterminer le statut de réfugié. Le nombre croissant de demandeurs d'asile de République tchèque, notamment issus de la minorité Rom, a conduit Ottawa à réintroduire l'obligation de visa pour les citoyens tchèques en juillet dernier. Cette situation a créé de vives tensions au niveau européen car Prague menaçait de réintroduire unilatéralement des visas pour les ressortissants canadiens. La Commission européenne est actuellement en train de tenter une médiation avec les autorités canadiennes (EUROPE n° 9950). Pourtant, les nouvelles en provenance du Canada permettent de penser que la situation n'est pas en passe de s'arranger rapidement. La presse canadienne a rapporté le 19 août les propos d'un porte-parole du ministère de la Citoyenneté, de l'Immigration et du Multiculturalisme, Nicholas Fortier, lequel a indiqué que le Canada n'avait pas l'intention de revoir sa décision concernant l'imposition de visas aux ressortissants de la République tchèque. Ce dernier a fait valoir que la mesure avait permis de réduire de manière significative le nombre de demandes de statut de réfugié au Canada, ajoutant qu'elle avait également aidé à alléger le système de traitement des demandes ce cette nature. Le nombre de demandes de statut de réfugié déposées par des ressortissants tchèques a été réduit à seulement trois au cours des 30 jours qui ont suivi le 16 juillet. Deux semaines avant l'entrée en vigueur de l'imposition des visas, 155 demandes de statut de réfugié avaient été déposées. Selon la presse praguoise, des représentants tchèques auraient eu des discussions avec les autorités canadiennes pour que l'exigence d'un visa soit levée le plus tôt possible. Mais le représentant canadien a nié que de telles discussions aient eu lieu. Il a expliqué que la République tchèque et le Canada ont des contacts réguliers sur un grand nombre de sujets, mais pas sur les visas en tant que tels. (B.C.)