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Bulletin Quotidien Europe N° 9964
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/Économie

Bruegel fait des recommandations à la prochaine Commission

Bruxelles, 27/08/2009 (Agence Europe) - En attendant la présentation aux députés européens du programme du candidat Barroso en vue d'un second mandat à la tête de la Commission, le think-tank bruxellois, Bruegel, a élaboré une série de recommandations à l'attention de la Commission européenne sur la manière d'aborder, de manière stratégique, les principales priorités économiques des cinq prochaines années. Dans ses « mémos », Bruegel s'adresse au futur président de la Commission et à onze commissaires qui ont parmi leurs responsabilités les politiques économiques les plus importantes au niveau de l'UE.

Le principal défi de la prochaine Commission sera de faire en sorte qu'avec la crise actuelle l'UE ne perde pas pied de manière durable, à la fois économiquement et politiquement. La tâche ne sera pas mince, compte tenu du peu d'enthousiasme actuel pour des initiatives européennes ambitieuses et du risque de repli au sein d'une sphère nationale. La Commission « devra se battre pour la défense des règles convenues, proposer de nouvelles solutions, redéfinir le discours européen, et faire de l'UE un acteur effectif dans un monde en transformation rapide », soulignent André Sapir et Jean Pisani-Ferry en introduction de ce recueil. « Si la Commission y parvient, elle pourrait transformer la crise en une opportunité. Si elle échoue, l'UE pourrait devenir moins pertinente ».

C'est en cela que le rôle du prochain président de la Commission sera déterminant, car « les citoyens ont besoin de connaître la raison d'être de l'UE, c'est à dire de quoi il s'agit et ce qu'elle représente », poursuit Bruegel dans la note qui lui est spécifiquement adressée. La Commission sortante n'a pas réussi à faire valoir auprès des citoyens ce que représente l'UE, estime Bruegel en soulignant notamment qu'elle a fait « marche arrière sur la directive services, s'est révélée inconsistante sur la libéralisation financière et a été incapable de définir de quoi pourrait se composer un agenda social renouvelé ».

En dépit de l'urgence à agir face à la crise, un véritable leadership du président de la Commission sera aussi nécessaire pour mettre en place une stratégie d'après crise cohérente, notamment « en pressant les gouvernements nationaux d'éviter les démarches immédiates qui mettent en péril les objectifs communs à long terme ». Une stratégie en quatre volets s'impose selon Bruegel: - un programme pour restaurer la durabilité des finances publiques ; - un plan directeur pour la relance dans les nouveaux États membres et pour l'élargissement de la zone euro (« les critères d'adhésion à l'euro ont été mis en place afin de veiller à ce que la logique économique l'emporte sur la logique politique, non pas que la logique juridique l'emporte sur la logique économique », souligne le mémo à destination du commissaire responsable de l'Union économique et monétaire); - un plan de sortie des actions exceptionnelles de gestion de crise ; - et un Programme européen pour la croissance et l'emploi. Celui-ci serait une suite à la Stratégie de Lisbonne et nécessiterait d'affecter d'importants montants pour soutenir le marché intérieur, la connaissance et l'économie verte, sans attendre les prochaines perspectives financières de 2014. À ressources égales, il serait donc judicieux d'opérer rapidement la révision budgétaire prévue en 2008-2009, mais qui a été reportée jusqu'à l'entrée en vigueur du Traité de Lisbonne.

Avec une telle stratégie, l'organisation interne de l'institution devrait aussi être revue pour lui permettre de devenir une Commission plus axée sur les politiques et moins sur les procédures, explique Bruegel. Les portefeuilles des commissaires devraient ainsi être redéfinis, avec une seule et même personne responsable des Affaires économiques et financières (actuellement elles sont partagées entre MM. Almunia et McCreevy) et une autre chargée à la fois du marché intérieur et de l'industrie. Un commissaire au changement climatique, un autre chargé de l'économie de la connaissance et un responsable de l'élargissement et de la politique de voisinage. Si l'introduction de deux niveaux de commissaires en fonction de l'importance des dossiers est souhaitable (les différents « clusters » ou groupes de commissaires n'ont pas constitué une méthode efficace pour rationaliser le travail, insiste M. Sapir), elle semble toutefois difficile à mettre en pratique dans l'immédiat. Le recrutement de fonctionnaires en dehors de l'institution pour les postes les plus importants et une meilleure évaluation de ses mesures budgétaires et règlementaires sont aussi souhaitables, estiment encore les auteurs. (A.B.)