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Bulletin Quotidien Europe N° 9951
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/pesd

Avec 22 opérations au compteur, la PESD fête ses dix ans

Bruxelles, 29/07/2009 (Agence Europe) - La politique européenne de sécurité et de défense (PESD) a dix ans et, au cours des six dernières années, elle a déjà permis de lancer 22 missions sur quatre continents. Lors d'un colloque organisé par la Présidence suédoise et l'Institut d'Études de Sécurité de l'UE, mardi 28 juillet à Bruxelles, Javier Solana a rappelé que la force de la PESD vient du consensus sur lequel elle repose et de sa légitimité morale et juridique. « Rien ne peut être réalisé sans outils adéquats », a dit le Haut représentant en soulignant qu'il subsiste « un fossé entre nos ambitions et la réalité de nos capacités ». « Dans un monde incertain, soumis à des dynamiques et des menaces qui évoluent rapidement, plus nous agirons ensemble, plus nous serons efficaces. Et plus l'Europe sera forte et en sécurité », a-t-il poursuivi, avant de rappelé la valeur ajoutée de l'approche civilo-militaire qui sous-tend la PESD. Soulignant l'importance des partenariats avec les pays tiers et les organisations internationales (il a cité l'ONU, l'OTAN, l'OSCE et l'UA), Javier Solana a réaffirmé que le débat sur l'UE ou l'OTAN est dépassé. « L'UE n'est pas une alliance militaire et la valeur ajoutée de l'approche plus large UE/PESD pour la sécurité est démontrée. Il s'agit maintenant de développer un cadre plus flexible pour travailler ensemble », a-t-il dit. Évoquant les prochaines étapes, le Haut représentant a estimé qu'il faut maintenant « faire en sorte que l'Europe fonctionne bien », avec des « institutions, des processus de décision et des structures de commandement » plus flexibles. L'entrée en vigueur du Traité de Lisbonne devrait en créer les conditions. S'y ajoute un besoin de plus de capacités de gestion de crise, notamment en termes de réponse rapide, de moyens financiers suffisants et flexibles et d'analyses politiques plus sophistiquées. « Nous avons besoin de solidarité, y compris sur le plan politique », a-t-il constaté en notant que cette solidarité est essentielle pour la projection des forces. « La PESD s'occupe des risques. Et nous devons être prêts à en prendre plus », a conclu Javier Solana.

S'il reconnaît avec le Haut représentant que la demande d'Europe est sans cesse croissante et « dépasse ce que nous sommes en mesure d'offrir », le ministre suédois des Affaires étrangères estime aussi que l'Union doit améliorer ses capacités. Pour Carl Bildt, cela passe par la nécessité de revoir l'objectif de déploiement d'une force de 60 000 hommes, qui n'est pas adapté aux besoins des opérations de l'UE, mais aussi par la concrétisation de la déclinaison des objectifs capacitaires approuvée sous présidence française en décembre 2008. Évoquant les groupements tactiques (GT-1500), le ministre suédois a constaté que, s'ils existent sur le papier, il faut encore garantir qu'ils soient effectivement employables. Et de plaider en faveur d'un exercice semestriel visant à démontrer leur potentiel (disponibilité, déployabilité, flexibilité). Pour Carl Bildt, il est aussi indispensable de tenir compte du fait que la sécurité comprend deux volets, externe et intérieur (homeland security). Aussi la PESD doit-elle développer de nouvelles fonctions dans les domaines de la cyberdéfense, des maladies infectieuses et de la lutte contre le terrorisme, a dit le président du Conseil qui estime aussi que « la stratégie de sécurité de 2003 est un bon document (…) mais n'est pas une vraie stratégie » et que le travail doit être poursuivi. Avec son grand nombre de diplomates déployés dans le monde (il a mentionné le nombre de 40 000), l'UE doit être en mesure d'améliorer ses résultats dans le domaine de la prévention des crises, a-t-il expliqué avant de souligner que la Suède espère réaliser dans les dernières semaines de sa présidence les travaux nécessaires à la mise en place du futur service européen de l'action extérieure.

En répondant à des questions, Javier Solana a insisté sur: - la nécessité pour les pays européens de ne pas négliger les capacités militaires afin d'être en mesure de contribuer à de grandes opérations ; - la création d'un quartier général d'opérations de l'UE ; - le développement de l'agence européenne de défense ; - l'effort à réaliser en termes de formation et de recrutement des personnels civils pour les missions de la PESD. (O.J.)

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