Bruxelles, 02/07/2009 (Agence Europe) - Réuni jeudi 2 juillet à Luxembourg, le Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) a décidé de maintenir les taux d'intérêt de la zone euro à leurs niveaux précédents. Le taux d'intérêt des opérations principales de refinancement reste donc à 1,00% et ceux de la facilité de prêt marginal et de la facilité de dépôt à respectivement 1,75 % et 0,25 %. « Les taux actuels restent appropriés », a déclaré à la presse Jean-Claude Trichet, tout en considérant, comme à l'issue des réunions précédentes, que la BCE n'avait pas décidé que le niveau actuel des taux serait nécessairement le plus bas qui pourrait être atteint.
Le repli du taux d'inflation annuel à un niveau négatif en juin (-0,1%) était anticipé, a rappelé le président de la BCE après la réunion à laquelle ont participé le commissaire aux Affaires économiques et monétaires, Joaquín Almunia, et le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker. Cette baisse des prix « traduit essentiellement des effets temporaires » liés à la baisse des prix des matières premières et sera « de courte durée ». Les taux d'inflation devraient rester « temporairement négatifs au cours des prochains mois » avant de redevenir positifs au-delà de 2009 et demeurer conformes à la définition de la stabilité des prix de la BCE (des taux inférieurs à, mais proches de 2% à moyen terme). S'agissant des perspectives économiques, le constat est sensiblement le même que début juin, lors de la présentation des prévisions des services de la BCE, a confirmé M. Trichet. Selon lui, « l'activité économique devrait rester faible pendant le restant de l'année, tout en se contractant moins fortement qu'au premier trimestre 2009 ». Ensuite, « une reprise progressive avec des taux de croissance trimestriels positifs est attendue d'ici la mi-2010 ».
Le président de la BCE a par ailleurs précisé à quoi devait ressembler la stratégie de sortie de crise pour les déficits publics des États membres. « Un retour à des finances publiques saines et soutenables, renforçant la stabilité macroéconomique globale doit être assuré », a-t-il répété, en insistant pour que les gouvernements de la zone euro élaborent et communiquent « des stratégies de sortie et d'assainissement budgétaire ambitieuses et réalistes dans le cadre du Pacte de stabilité et de croissance ». Si les conclusions du dernier Conseil européen soulignent l'importance que la consolidation budgétaire suive le rythme de la reprise économique (EUROPE n° 9925), le Conseil des gouverneurs se veut plus affirmatif, estimant que « le processus d'ajustement structurel devrait commencer, en tout cas, au plus tard lors de la reprise de l'activité économique ». Et d'ajouter: « En 2011, il faudra intensifier les efforts d'assainissement ». Ces efforts structurels devront être « largement supérieurs à 0,5% du PIB par an » et, là où les ratios de déficit et/ou de dette publics sont élevés, « l'ajustement structurel annuel devrait atteindre au moins 1% du PIB ». (A.B.)