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Bulletin Quotidien Europe N° 9921
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JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/israËl/palestine

Le plan de Netanyahou est jugé décevant par les Palestiniens

Bruxelles, 15/06/2009 (Agence Europe) - Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, a dévoilé dimanche son plan pour une relance du processus de paix en réponse aux sollicitations et pressions, surtout américaines mais aussi européennes. Il reconnaît, pour la première fois, le droit des Palestiniens à créer leur propre État mais en assortissant son offre de conditions qui aboutissent apparemment à la vider de sa substance. « Le processus de paix progressait à la vitesse d'une tortue. Netanyahou vient de mettre la tortue sur le dos », a réagi Saeb Eraqat, négociateur en chef palestinien pour le processus de paix. Il se réfère aux détails de la proposition israélienne selon laquelle un futur État palestinien devra être démilitarisé, c'est-à-dire dépourvu des éléments essentiels de la souveraineté.

M. Netanyahou répondait ainsi à la pression internationale qui s'est focalisée sur ce point - « deux États » coexistant dans la paix et la sécurité - et sur le gel de la politique de colonisation. Cette dernière, mal jugée par la communauté internationale, a morcelé la Cisjordanie dont la continuité territoriale n'existe plus, du fait notamment de la construction de hauts murs de séparation qui isolent les quartiers et les villages palestiniens. S'il répond, théoriquement, à l'attente internationale et à celle du président américain Barack Obama en particulier sur la question des deux États, le Premier ministre israélien pose cependant des conditions qui risquent de rendre son plan de paix inapplicable. Il est par ailleurs déjà jugé inacceptable par les Palestiniens comme par les pays arabes. M. Netanyahou demande aussi dans son plan que les Palestiniens reconnaissent Israël comme un État juif. Cette appellation est à ne pas confondre avec celle d'« un État hébreu » car elle instaure la reconnaissance du caractère exclusivement juif - confessionnel - de l'État d'Israël. Cette position promue par l'extrême droite israélienne et en particulier par l'actuel ministre des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, présent lundi à Luxembourg à l'occasion de la session du Conseil d'association UE-Israël, reviendrait à nier le statut de près d'un million d'Arabes citoyens de ce pays - musulmans et chrétiens -, dont certains servent dans l'armée ou sont membres de la Knesset. Le Premier ministre israélien entend aussi clore définitivement le débat sur le statut de Jérusalem, qui deviendrait capitale exclusive et indivisible d'Israël. S'il promet de mettre fin à la colonisation de peuplement, il n'en freinera pas le développement « naturel », une notion unanimement jugée ambiguë. Il déclare aussi qu'aucun réfugié palestinien n'aura droit au retour, affirmant que la question devra trouver sa solution « hors d'Israël ». Cela ne manque pas d'inquiéter plusieurs pays dans la région, essentiellement le Liban et la Jordanie qui ne veulent pas être des territoires de substitution pour les Palestiniens. Enfin, il exige que le Fatah reprenne Gaza au Hamas.

« Les propos de Netanyahou ont sapé toutes les initiatives, paralysé tous les efforts en cours et défié les positions palestiniennes, arabes et américaines », a déploré un porte-parole de l'autorité palestinienne. (F.B.)

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