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Bulletin Quotidien Europe N° 9913
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Angela Merkel s'inquiète des conséquences des mesures « non conventionnelles » prises par les banques centrales

Bruxelles, 03/06/2009 (Agence Europe) - La prochaine réunion de la Banque centrale européenne (BCE) ne devrait pas déboucher sur une nouvelle baisse des taux d'intérêt, prédisent les économistes. Jeudi 4 juin, à l'issue du Conseil des gouverneurs, son président, Jean-Claude Trichet, précisera en revanche les détails techniques des opérations de rachat de « covered bonds » envisagées par la BCE. Une initiative qui éveille des craintes du côté du gouvernement allemand.

Le coup d'envoi de ces mesures « non conventionnelles » avait été annoncé le mois dernier par M. Trichet (EUROPE n° 9897), suivant ainsi un mouvement initié par la Federal Reserve et la Bank of England (BoE) qui se sont lancées depuis quelque temps déjà dans des mesures d'assouplissement quantitatif (« quantitative easing »). La BCE devrait confirmer ce jeudi qu'elle est prête à débourser 60 milliards d'euros sous forme de rachat d'obligations sécurisées (par des créances hypothécaires ou des créances de collectivités publiques), alors que la Fed et la BoE se sont engagées à hauteur de respectivement 300 milliards de dollars et 125 milliards de livres. Inquiète des conséquences sur l'inflation à moyen terme de ces mesures, Angela Merkel s'est montrée critique à l'égard de la BCE et de ses homologues américaine et britannique. Elle rappelle que les mesures de politiques budgétaires et monétaires expansionnistes prises depuis le début de la crise devront à terme être levées. « Je suis très sceptique quant à l'ampleur des actions de la Fed et à la manière dont la Banque d'Angleterre a tracé sa propre voie en Europe », a expliqué la chancelière allemande lors d'une conférence, mardi 2 juin à Berlin. Selon le Financial Times de mercredi 3 juin, elle a souligné que « même la BCE a quelque peu cédé à la pression internationale avec son programme de rachat de 'covered bonds' ». Et d'ajouter: « Nous devons revenir à des politiques monétaires indépendantes et sensées, sans quoi dans dix ans nous serons de retour là où nous sommes aujourd'hui ». Si les gouvernements sont dans l'obligation de retrouver la voie de la consolidation budgétaire, les banques centrales devront pour leur part récupérer les liquidités dont elles abreuvent les marchés depuis plusieurs mois. Une perspective déjà évoquée par M. Trichet, qui avait confirmé il y a un mois que les mesures prises et les liquidités fournies pourront être rapidement levées et absorbées lorsque l'environnement macro-économique se sera amélioré. L'intervention de la chancelière allemande pourrait aussi viser à prévenir toute initiative supplémentaire de la BCE en matière d'achat d'actifs. Il est toutefois peu probable qu'après avoir écarté lors de sa dernière réunion un plan d'acquisition d'actifs plus ambitieux d'un volume de 125 milliards (dont des obligations titrisées et des obligations d'entreprises), la BCE en ait encore l'intention. (A.B.)

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