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Bulletin Quotidien Europe N° 9888
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) pe/g20

Les députés appellent à passer de la parole aux actes

Bruxelles, 23/04/2009 (Agence Europe) - Passant en revue les résultats du Sommet du G20, Petr Neèas a conclu au caractère fondateur de la réunion de Londres (EUROPE n° 9875). S'il insiste sur la réussite du Sommet, le ministre tchèque du Travail et des Affaires sociales a aussi pris soin de rappeler que les engagements pris alors devaient encore être mis en pratique pour véritablement consacrer l'émergence de l'ère nouvelle tant vantée le 2 avril. « Ce Sommet peut être une success-story », s'est félicité M. Neèas. Les participants ont en tout cas lancé un signal très clair en faveur du multilatéralisme en matière économique et ont réinjecté de la confiance dans l'économie (« il y a des raisons d'espérer » et de « se montrer modérément optimiste »). Plusieurs députés (à commencer par la droite de l'hémicycle) ont également considéré, avec une certaine prudence, que le G20 avait été un succès. D'autres (surtout ceux situés à l'autre extrême) ont été plus critiques, dénonçant une occasion ratée. Le PE adoptera une résolution vendredi 24 avril.

Joseph Daul a largement salué les actions du G20 visant à étendre la régulation financière ou combattre les paradis fiscaux. « Nous ne sortirons de la crise que par le changement », a déclaré le président du groupe PPE-DE, en se faisant le chantre d'une économie sociale de marché (« notre seule défense est la transparence »). Le président du Parti socialiste européen, Poul Nyrup Rasmussen (danois) a approuvé les résultats du Sommet du bout des lèvres, car malgré tout ce qui est fait l'on s'oriente vers 27 millions de chômeurs dans l'UE. Nous avons besoin d'une solution rapide et coordonnée, a-t-il plaidé, en apostrophant la Commission: « Ne nous dites pas encore une fois que vous avez lancé des mesures de relance de 4%, car ce sera encore plus quand il y aura 27 millions de chômeurs ! » (en raison de la prise en compte des dépenses liées aux stabilisateurs économiques, Ndlr). Pour Caroline Lucas (Verts-ALE, britannique), ce Sommet est « une occasion perdue ». Les mesures envisagées vont entraîner le monde dans une économie à forte consommation de carbone, alors qu'il aurait fallu saisir l'occasion d'effectuer une transition vitale vers l'économie verte. Objectif raté aussi aux yeux de Francis Wurtz qui fustige la volonté des dirigeants du G20 d'adresser coûte que coûte aux marchés un message rassurant. Cela les conduit à ignorer la réalité et les pertes énormes à venir (4 000 milliards de dollars, selon le FMI), juge le président de la GUE-NGL (« le G20 a préconisé des remèdes homéopathiques là ou une chirurgie lourde s'impose »). Selon lui, l'UE doit aller plus loin que les mots et les intentions du G20, car les gens attendent « non des paroles lénifiantes mais des actes forts ». Un appel à agir partagé par la présidente de la commission des Affaires économiques et monétaires du PE. Le G20 n'a fait qu'appliquer « la méthode Barroso », a ironisé Pervenche Berès, en estimant que les principaux dirigeants mondiaux s'étaient contentés d'additionner les mesures qui existent déjà pour ensuite les considérer comme un plan de relance. Nous avons besoin d'une vraie relance et il faut « la financer par un emprunt européen », a-t-elle exhorté. Et de lancer à l'intention de la Commission: « Il est temps que vous vous mettiez au travail ! ». (A.B.)

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