Bruxelles, 20/04/2009 (Agence Europe) - Le Bureau européen d'information sur les Roms (ERIO) a organisé une conférence au Parlement européen, jeudi 16 avril, afin d'encourager la participation politique des Roms dans l'Union européenne et ses États membres. La devise « l'Europe sans barrières » du programme de travail de la Présidence tchèque vise à éliminer toutes les barrières en Europe. Cette notion de barrières devrait également s'appliquer aux Roms qui, à l'heure actuelle, sont victimes de l'exclusion sociale et qui font souvent l'objet d'un traitement discriminatoire.
ERIO estime que l'instrument le plus efficace serait une stratégie cadre européenne et une coordination au niveau des politiques menées en Europe. Selon Joachim Ott, de la direction générale (DG) Emploi et affaires sociales de la Commission européenne, « plus de choses ont été faites pour les Roms en 2 ans que dans les 15 dernières années ». En effet, la Commission européenne reconnaît officiellement les Roms dans ses documents et il y a un engagement clair et spécifique de prendre en compte leurs problèmes aux niveaux national et communautaire. Un grand nombre de fonds européens et nationaux ont été destinés aux activités promouvant l'inclusion sociale des Roms. Pourtant, cet investissement n'a pas eu de réelle incidence, car il y a peu d'améliorations dans les conditions de vie d'une majeure partie des gens du voyage. « Ne rien faire pour les Roms n'est plus une option politique », a constaté Ivan Ivanov, directeur exécutif du ERIO.
« Nous devons accepter une responsabilité commune » et donner la possibilité aux Roms d'exercer une participation « politique, économique et sociale », déclare M. Ott. Les Roms doivent pouvoir s'intégrer dans la société et les institutions majeures. « Il ne faut pas parler du groupe mais parler avec le groupe », estime M. Ott. L'éducation des enfants et le développement de capacités des ONG Roms seraient parmi les moyens d'améliorer leur situation sociale et leur intégration politique.
La participation politique commence au niveau local et continue au niveau régional. Ce n'est pas seulement les grosses institutions visibles, comme le Parlement européen, qui peuvent agir, d'autant qu'il n'y a actuellement que deux députés européens Roms (les Hongroises Járóka Lívia, PPE et Viktória Mohácsi, ADLE). Cependant le progrès n'existe qu'au niveau européen jusqu'à présent, explique Maria Ochoa-Llido, chef du Service des migrations et des Roms/Tsiganes du Conseil de l'Europe, et non au niveau national et local où ils sont souvent oubliés jusqu'au moment des élections. « Il n'y a pas de volonté politique de promouvoir la participation politique des Roms, surtout au niveau local », souligne Mme Ochoa-Llido. Il faudrait sensibiliser la population générale afin d'éliminer les discriminations et faire des Roms des citoyens égaux. Selon ERIO, l'image négative des Roms serait en partie véhiculée par les médias. Ceci est inacceptable dans des pays européens engagés dans la défense des droits de l'Homme et des valeurs démocratiques. (E.M.)