Bruxelles, 20/04/2009 (Agence Europe) - « Il faut sortir le dossier de l'intégration de la technocratie », a lancé le commissaire chargé de la Justice, de la Sécurité et de la Liberté, Jacques Barrot, lors de l'inauguration, lundi 20 avril à Bruxelles, d'un forum et d'un portail européens sur l'intégration. Ces deux nouveaux instruments s'inscrivent dans le cadre du « Programme commun pour l'intégration » - présenté par la Commission dans une communication publiée en septembre 2005- et concrétisent « nos efforts en faveur d'une politique d'intégration véritablement participative », a indiqué Mario Sepi, le président du Comité économique social européen (CESE), co-organisateur du forum européen sur l'intégration.
Deux outils destinés aux acteurs de la société civile - Comme prévu dans un avis exploratoire, rédigé en 2008 par le CESE, les fonctions principales de ce forum sont la consultation, l'échange d'expertise et la formulation de recommandations. « Il s'agit d'une plateforme physique de dialogue sur les enjeux actuels et les priorités futures des politiques de l'intégration », a précisé Jacques Barrot. Composé d'une centaine de membres (essentiellement des organisations européennes traitant de l'intégration), le forum se réunira en session plénière deux fois par an et est soutenu financièrement par le Fonds européen d'intégration de l'UE dont le budget s'élève à 825 millions d'euros pour la période 2007-2013. La première session plénière s'est ouverte lundi 20 avril par une présentation de l'approche communautaire en matière d'intégration, suivie de deux ateliers de travail: les conséquences de la crise économique sur l'intégration des immigrants et les méthodes de travail du Forum européen sur l'intégration et l'implication de la société civile au niveau européen. Les activités du forum sont présentées via le nouveau site européen sur l'intégration (http://www.integration.eu ), qui vise à favoriser le travail en réseau des acteurs de l'intégration, découvrir des possibilités de financement (subventions et appels d'offres) et trouver des partenaires de projets.
Poser le débat politique sur l'intégration - Lors du discours inaugural, le commissaire Barrot a évoqué la nécessité de « rendre obligatoire un certain nombre de devoirs » (comme la maîtrise de la langue du pays d'accueil et l'adhésion aux valeurs européennes) pour les immigrants par l'intermédiaire soit d'un « contrat d'intégration », soit d'un « parcours d'intégration », une notion moins contraignante. « Jusqu'où sommes-nous prêts à accepter la différence ? », s'est-il interrogé, mettant en garde contre une approche trop communautariste de l'intégration. Alors que l'Agence européenne des droits fondamentaux prépare un rapport sur les discriminations des minorités en Europe, le commissaire propose « d'aller plus loin » en prônant « la discrimination positive » et en faisant de la question des Roms un « impératif majeur ». Le président du CESE, Mario Sepi, a rappelé quant à lui que le concept européen d'intégration reposait sur une « double approche » qui suppose des droits et des devoirs mutuels entre les immigrants et la société d'accueil. (Y.P.)