Bruxelles, 20/04/2009 (Agence Europe) - Dans un courrier du 9 avril adressé au commissaire à l'Industrie Günter Verheugen, Greenpeace critique les régimes de primes à la casse des vieilles automobiles mis en place ou envisagés dans plusieurs États membres de l'UE pour y soutenir la vente de véhicules et soulager une industrie automobile frappée de plein fouet par la crise financière. L'ONG environnementaliste juge en effet ces mesures contre-performantes aussi bien pour la protection de l'environnement, la lutte contre le réchauffement climatique et la sécurité routière. En outre, elles ne règlent pas les problèmes fondamentaux de l'industrie automobile européenne mais constituent un formidable gâchis de l'argent des contribuables. « Ces programmes ne vont pas accroître la compétitivité du secteur automobile, pas plus qu'ils ne favoriseront le climat, l'environnement ou la sécurité routière. Ils ne font que masquer le vrai problème de l'industrie automobile aujourd'hui: les surcapacités », souligne Greenpeace. « Ces programmes visent à encourager les consommateurs à acheter des voitures aujourd'hui, et non plus tard. Mais ils ne parviendront qu'à amortir la chute des ventes aujourd'hui, et à provoquer un effondrement encore plus important dans les années qui viennent », prédit l'ONG. S'ils sont présentés comme des mesures « vertes », les régimes de primes à la casse ne garantissent pas que chaque modèle de voiture subventionné affiche une performance environnementale nettement meilleure que celui qu'il remplace. Dans la plupart des régimes, une vieille Fiat Punto pourra être remplacée par une Range Rover qui émet trois fois plus de CO2, déplore l'ONG pour laquelle les constructeurs automobiles profitent surtout des primes offertes pour écouler les modèles les moins « verts », sachant que des standards de pollution plus sévères entreront en vigueur en septembre prochain. « L'argent du contribuable est utilisé pour mettre plus de véhicules polluants sur les routes que s'il n'y avait pas de régimes de primes à la casse du tout », insiste Greenpeace, qui dénonce aussi des effets pervers au niveau de la sécurité routière. Ainsi, les enseignes qui ont connu les plus fortes ventes après la mise en place de primes à la casse en Allemagne, comme Suzuki, Daihatsu et Chevrolet, ne produisent aucun véhicule « cinq étoiles » au regard des tests de sécurité EuroNCAP. « Les gouvernements ne doivent pas dilapider les fonds publics pour renouveler la flotte automobile de leur pays, à moins que chaque modèle subventionné affiche une performance environnementale nettement meilleure que celui qu'il remplace », insiste l'ONG, qui demande donc au commissaire Verheugen de plaider en faveur de régimes nationaux d'aides à la casse qui garantissent la protection de l'environnement et du climat et qui ne portent pas préjudice aux politiques de transport. « Au lieu de dépenser de l'argent pour renforcer la dépendance de l'UE aux voitures, les pays de l'UE feraient mieux d'investir dans l'efficacité énergétique, les renouvelables et le transport public », conclut Greenpeace, qui dénonce un gâchis de l'argent des contribuables de plus de 8 milliards d'euros. (E.H.)