« Finalement, je suis d'accord avec nos technocrates de Bruxelles. Je vais moi aussi créer mon propre vin rosé. Couper du vin rouge et du blanc, ce n'est pas si bête que ça ! Et ça donne des idées… Moi, je vais couper du vin rouge et de l'eau: j'aurai un rosé aussi ! Et puis, il sera drôlement moins nocif pour la santé. Après un bon repas dans un restaurant, plus besoin de contrôle d'alcoolémie à la sortie, tout le monde pourra boire au moins cinq verres sans problème (…). Vive nos technocrates ! Les payer plusieurs milliers d'euros par mois pour arriver à produire des idées comme celle-là, il y a de quoi pleurer. J'attends avec impatience leurs prochaines trouvailles: on fabriquera peut-être du camembert moitié lait, moitié plâtre. Mais j'ai une meilleure idée: essayons donc de fabriquer leurs salaires mirobolants moitié smic, moitié bénévolat. Je suis sûr qu'on s'y retrouvera ». Cet habitant de Soultzmatt, où l'on produit de l'eau et du vin, a raison de s'indigner. Les « technocrates » ont eu une mauvaise idée, mais ils ne prennent pas de décision. Et lors d'un vote indicatif en comité de gestion, seules l'Italie et la Grèce se sont opposées au mélange de vins issus de différentes régions. Personne n'a rien trouvé à redire au coupage. Cette pratique peut encore être bloquée, mais il faudra pour cela que la France et d'autres pays producteurs arrivent à réunir une majorité qualifiée pour s'y opposer lors d'un vote définitif qui doit intervenir le 19 juin. (O.J.)