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Bulletin Quotidien Europe N° 9857
Sommaire Publication complète Par article 39 / 40
SUPPLÉMENT HEBDOMADAIRE / Bibliothèque européenne

N° 815

*** CHRIS MULHEARN, HOWARD R. VANE: The Euro. Its origins, development and prospects. Edward Elgar Publishing (Glensanda House, Montpellier Parade, Cheltenham, Glos GL50 1UA, UK. Tél.: (44-1242) 226934 - fax: 262111 - Courriel: info@e-elgar.co.uk - Internet: http://www.e-elgar.com ). 2008, 243 p.. ISBN 978-1-84720-051-8.

En dix ans d'histoire, l'euro aura su faire parler de lui. Pourtant, force est de constater qu'entre articles de la presse spécialisée, légendes urbaines ou ouvrages d'analyse économique poussée, souvent rebutants pour les novices, peu d'auteurs peuvent se targuer d'avoir fourni une contribution littéraire à la fois accessible au grand public et capable d'alimenter les réflexions des spécialistes. Avec ce livre, Chris Mulhearn et Howard R. Vane, tous deux professeurs de sciences économiques au Royaume-Uni, ont tenté de franchir le pas. "The Euro", avec son titre emprunt de globalité, annonce ouvertement la tendance: l'ouvrage s'adresse à tout un chacun et prétend ni plus ni moins donner à son lecteur les outils nécessaires pour comprendre les grands enjeux liés à la monnaie unique.

Si le défi est de taille, il est pourtant relevé de manière très convaincante. Dès les premières lignes, l'ouvrage - qui lie de manière subtile les dimensions politique, historique et économique de l'euro - se laisse lire avec une facilité déconcertante sans pour autant laisser les aspects techniques de côté. Chaque nouveau chapitre ouvre une page de l'histoire de l'Union économique et monétaire: origines, premières étapes de l'intégration monétaire (avec, tout particulièrement, une analyse approfondie du Rapport Werner de 1970 qui ouvrait la voie à une intégration monétaire pour 1980, avant d'être abandonné), enjeux économiques liés à l'adoption de l'euro, mise en place d'une politique monétaire et budgétaire commune, processus d'élargissement et, enfin, réflexions sur l'avenir de la monnaie unique. À la fin de chaque chapitre, l'interview d'un ou de plusieurs représentants du monde académique reconnus vient enrichir le discours des auteurs de nouveaux éléments incontournables. À des questions brillantes et précises succèdent des réponses qui, mises ensemble et comparées, ont également le mérite d'éclairer les différentes manières dont l'euro peut-être perçu par les spécialistes du débat actuel sur l'Union économique et monétaire.

En cette période de crise économique et financière, alors que certains n'hésitent pas à annoncer l'effondrement de la monnaie unique européenne, l'ouvrage tombe à pic en procurant un outil d'analyse à la fois complet et neutre. Ainsi, par exemple, les auteurs procèdent-ils à un passage en revue des bénéfices économiques apportés par l'euro avant d'analyser ce à quoi il aura fallu renoncer pour y parvenir: la sacro-sainte politique monétaire nationale et la modification des taux de change qui jusque là s'était révélée si utile en cas de choc économique. Et, ajoutent-ils, « déterminer si, oui ou non, les bénéfices liés à l'adoption d'une monnaie unique pèsent plus lourd que les coûts que cela implique pour les pays concernés se révèle être une tâche ardue », tout comme l'est celle visant à déterminer si la zone euro peut oui ou non être considérée comme une "zone monétaire optimale". La Banque centrale européenne et le Pacte de stabilité et de croissance sont ensuite décortiqués par les auteurs, tandis que les chapitres 5 et 6 prennent en considération les questions liées à l'élargissement. Pourquoi le Danemark, la Suède et le Royaume-Uni ont-ils refusé d'entrer dans le club très fermé de la zone euro ? Quelles sont aussi les difficultés rencontrées par les anciens pays d'Europe centrale et orientale pour y parvenir ? Autant de questions qui, la crise aidant et les remises en cause que celle-ci suscite dans beaucoup de ces pays, revêtent une singulière actualité.

En guise de conclusion, les auteurs offrent une réflexion sur les perspectives d'avenir de la monnaie unique. Une démarche ambitieuse qui se conclut ici sur trois scénarios bien ficelés - bien que sans surprise - de ce que pourrait être la monnaie unique dans dix ou cinquante ans, selon son degré de correspondance à une zone monétaire optimale. De quoi alimenter les réflexions, même si les auteurs n'ont pas résisté, suite à une étude de chacun de ces scénarios, à choisir lequel des trois serait, selon eux, le plus probable: « Au moins à moyen ou long terme, l'Union monétaire européenne a de grandes chances de croître, modestement, en couverture géographique et en statut international », avancent-ils. Pas de zone monétaire optimale en vue donc, mais pas de catastrophe non plus. Évidemment, cet ouvrage a été écrit avant la crise, et seule l'histoire nous dira si celle-ci ne rendra pas caduques les prévisions de nos deux auteurs. Mais quoi qu'il en soit, "The Euro" restera une contribution importante à la littérature économique européenne, de par son caractère très complet et sa facilité d'accès.

Thomas Bauwens

*** ANDREAS BEYER, LUCREZIA REICHLIN (sous la dir. de): The Role of Money. Money and Monetary Policy in the Twenty-First Century. Banque centrale européenne (29 Kaiserstrasse, D-60311, Postfach 160319, D-60066 Frankfurt am Main. Tél.: (49-69) 13440 - fax: 13446000 - Internet: http://www.ecb.int ). 2008, 352 p.. ISBN 978-92-899-0207-6.

Quel doit être le rôle de la monnaie dans l'économie ? La crise "aidant", cette question, à l'évidence, en taraude plus d'un à l'heure actuelle. Indépendamment du contexte de crise économico-financière qui est notre lot désormais, cette question est toutefois aussi, depuis bien longtemps, au cœur des réflexions des décideurs politiques et autres spécialistes académiques des questions monétaires. En témoigne cet ouvrage pointu qui rend compte des idées échangées lors de la quatrième conférence organisée par la Banque centrale européenne en novembre 2006. Comme le relève Lucrezia Reichlin dans son introduction, il n'est pas étonnant que ce soit la Banque gérant la monnaie unique qui ait pris cette initiative car elle est désormais la seule, parmi ses pairs, à encore "attribuer clairement un rôle spécial à la monnaie dans le cadre de sa stratégie fondée sur deux piliers". Pourquoi la monnaie a-t-elle perdu son rôle central au profit de la lutte contre l'inflation ? C'est à cette question que les spécialistes éminents - entre autres, les principaux responsables de la Banque de Francfort, Jean-Claude Trichet en tête, mais aussi l'Américain Bernanke, le Japonais Iwata et le Chinois Zhou Xiaochuan, sans parler des sommités académiques - réunis dans cet ouvrage apportent des réponses de nature analytique, empirique et historique. Il va de soi que la matière traitée et la manière dont elle l'est réservent cet ouvrage à un public de spécialistes.

(PBo)

*** HERIBERT DIETER, LEONARD SEABROOKE, ELENI TSINGOU: The Global Credit Crisis and the Politics of Financial Reform. Garnet Network of Excellence (56 rue Jacobs, F-75006 Paris. Tél.: (33-1) 58717000 - fax: 58717091 - Internet: http://www.garnet-eu.org ). Collection "Garnet Policy Brief", n° 8. 2009, 12 p..

Trois chercheurs d'institutions académiques membres du réseau Garnet - pour "Global Governance, Regionalisation and Regulation: the Role of the EU" - financé par le 6ème Programme-cadre analysent, dans ce "Garnet Policy Brief", le développement de la crise financière et les réactions que celle-ci a suscitées du côté des décideurs, en particulier au sein de l'Union européenne. Les auteurs y ajoutent quelques recommandations en vue d'assainir la situation, prônant notamment que la Banque des règlements internationaux se voie octroyer un rôle plus proéminent, tandis que le Forum de stabilité financière devrait devenir une institution plus formelle et que le G-20 devrait à l'avenir remplacer le G-7/8. Sans surprise, ils plaident aussi pour que les États européens agissent de manière coordonnée en vue de consolider le système financier.

(PBo)

*** DANIEL GARRIGUE: L'Europe face à la crise financière. Commission chargée des affaires européennes de l'Assemblée nationale (Boutique de l'Assemblée nationale, 7 rue Aristide Briand, F-75007 Paris. Tél.: (33-1) 40630033 - Internet: http://www.assemblee-nationale.fr ). Collection "Documents d'information", n° 1.291. 2008, 128 p, 5 €. ISBN 978-2-11-124088-9.

Ce Rapport d'information analyse, du point de vue français, l'action menée dans un premier temps par l'Union européenne - conduite à l'époque par la Présidence française - pour endiguer le tsunami financier qui déstabilise la planète. Cette réaction a marqué, selon le député français Daniel Garrigue, "le retour de la puissance publique", la réunion de l'Eurogroupe au niveau des chefs d'État et de gouvernement ayant "marqué un tournant décisif". Après s'être intéressé à l'amorce de coordination des plans de relance nationaux, l'auteur envisage de quelle manière l'Union européenne pourrait imposer la réorganisation du système monétaire et financier international et l'invite, à cette fin, à ne pas céder, lorsque la situation se sera améliorée, à un "lâche soulagement", mais au contraire à resserrer les rangs afin que la régulation, la supervision et la moralisation sortent renforcées de l'épreuve.

(MT)

*** Documents. Revue du dialogue franco-allemand. Bureau International de Liaison et de Documentation (50 rue de Laborde, F-75008 Paris. Tél.: (33-1) 43879040 - fax: 42935094 - Courriel: revue@bild-documents.org - Internet: http://www.revuedocuments.com ). 2007, n° 3, 80 p., 7,80 €. Abonnement: 39 €. Ce numéro contient, entre autres, une contribution relative aux réponses différentes de Berlin et Paris et à la crise économico-financière. Le "Dossier" est, lui, consacré au cinéma.

(MT)

*** KLAUS LIEBSCHER, JOSEF CHRISTL, PETER MOOSLECHNER, DORIS RITZBERGER-GRUNWALD (sous la dir. de): Foreign Direct Investment in Europe. A changing Landscape. Edgar Elgar Publishing (Glensanda House, Montpellier Parade, Cheltenham, Glos GL50 1UA, UK. Tél.: (44-1242) 226934 - fax: 262111 - Courriel: info@e-elgar.co.uk - Internet: http://www.e-elgar.com ). 2008, 274 p.. ISBN 978-1-84720-487-5.

Cette étude porte sur les investissements étrangers directs en Europe et, plus exactement, en Europe centrale et orientale. Perçus comme une composante importante dans tout développement économique, les investissements étrangers directs sont suivis de très près par les économistes en raison de leur volatilité. Dans la conjoncture actuelle, il est clair que les flux d'investissement ne seront plus les mêmes que par le passé et si, hier, ces flux allaient naturellement des pays plus développés vers ceux ayant un développement économique moindre, on assiste maintenant à des mouvements dans les deux sens. De plus, ces investissements étrangers très prisés par les économies en voie de développement se font plus difficiles et les acteurs économiques se donnent de plus en plus de mal pour les attirer. Les auteurs de cet ouvrage - le gouverneur de la Banque nationale d'Autriche et certains de ses adjoints - cherchent à identifier, à travers des modèles économétriques et des études empiriques, les nouvelles tendances de ces flux. Ils s'emploient, en outre, à examiner le rôle d'acteurs tels que la Chine afin d'expliquer les nouvelles directions de ces investissements et donnent des exemples d'actions et de dispositions susceptibles d'attirer ces capitaux étrangers.

(NDu)

*** STEPHEN DAVIES, BRUCE LYONS: Mergers and Merger Remedies in the EU. Assessing the consequences for competition. Edward Elgar Publishing (voir coordonnées supra). 2008, 274 p.. ISBN 978-1-84720-487-5.

Lorsqu'on entend parler, dans la presse, de fusions et acquisitions d'entreprises dans l'Union, il s'agit souvent sous un gros titre faisant référence à un refus de la Commission. Alors que la recherche académique accorde une attention soutenue pour ces cas, les acceptations sont, elles, la plupart du temps négligées, alors que le "feu vert" arrive dix fois plus fréquemment. Confrontée à cette carence, la Commission a suscité et soutenu cette étude visant à évaluer l'impact des fusions autorisées sur la concurrence entre les marchés et les acteurs qu'elles concernaient, le but étant aussi de vérifier dans quelle mesure ces fusions ont aidé, ou pas, la concurrence et quel aurait été le résultat s'il n'y avait pas eu fusion dans ce secteur. Cet ouvrage rend compte de cette étude dont les auteurs ont bénéficié de données inédites, ce qui leur permet notamment de cerner les effets attendus de ces fusions avant qu'elles aient lieu et de les comparer aux effets réels constatés. Les résultats de cette étude au caractère technique marqué sont particulièrement intéressants pour les économistes, le monde académique, ainsi que tout décideur évoluant dans le domaine de la compétition.

(NDu)

*** The Iron Rhine (IJzeren Rijn) Arbitration (Belgium-Netherlands) - L'arbitrage du "Rhin de fer" (Belgique-Pays-Bas). Award of 2005 - Sentence de 2005. Editions T. M. C. Asser Press (P. O. Box 16163, 2500 BD La Haye, Pays-Bas. Internet: http://www.asserpress.nl - Distribution: Cambridge University Press, The Edinburgh Building, Shaftesbury Road, Cambridge CB2 2RU, UK. Tél.: (44-1223) 326050 - fax: 326111 - Courriel: directcustserve@cambridge.org - Internet: http://www.cambridge.org ). Collection "Permanent Court of Arbitration Award Series". 2007, 314 p.. ISBN 978-90-6704-235-2.

Le "Rhin de fer" est, à l'origine, la ligne de chemin de fer qui reliait, en passant par les Pays-Bas, la ville belge d'Anvers à l'allemande Duisburg. Cette ligne, dont l'origine juridique remonte rien de moins qu'au Congrès de Vienne, a été mise en place en raison du "Traité de séparation" qui coupa l'accès terrestre d'Anvers à l'Empire germanique par l'interposition du territoire néerlandais. Selon l'article XII du Traité, si la Belgique construisait une route ou un canal aboutissant au canton de Sittard, elle pouvait alors demander à la Hollande, qui ne s'y refuserait pas, de prolonger cette voie à travers ce canton jusqu'aux frontières allemandes, le tout entièrement aux frais et aux dépens de la Belgique. Cette voie, intégrée au réseau public de chemins de fer néerlandais, fut détruite pendant la Seconde Guerre mondiale, puis restaurée, mais son utilisation, intermittente et sur le déclin, s'arrêta en 1991, date à laquelle il ne subsistait plus de trafic entre la Belgique et l'Allemagne par ce canal. Il y a tout de même en Belgique un certain intérêt pour la réactivation de ce tracé, idée qui vient cependant contrarier les intérêts économiques néerlandais - en raison de leur propre projet de fret ferroviaire entre Rotterdam et l'Allemagne - et, d'autre part, suscite certaines préoccupations écologiques découlant de la création de réserves naturelles le long de l'ancien "Rhin de fer". Les deux États ont entamé des discussions sur le sujet, mais, bloquant sur les modalités de réactivation et du partage des coûts, ont décidé de soumettre le différend à la Cour permanente d'arbitrage. Le présent ouvrage, écrit en anglais et en français, est donc un compte rendu de cet arbitrage, dont la sentence a été rendue en 2005.

(NDu)

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