Bruxelles, 09/03/2009 (Agence Europe) - Dans le contexte de la récente crise gazière russo-ukrainienne, l'énergie fut au centre de discussions, jeudi 5 mars à Bruxelles, entre le président de la Commission européenne José Manuel Barroso et son collègue à l'Énergie Andris Piebalgs et le chef du gouvernement bulgare Sergueï Stanichev. État membre de l'UE qui, avec la Slovaquie, a souffert le plus du différend commercial russo-ukrainien, la Bulgarie devrait se voir attribuer plusieurs dizaines de milliers d'euros pour ses infrastructures énergétiques prioritaires, dans le cadre du plan européen de relance économique (EUROPE n° 9828), afin de réaliser des interconnexions gazières avec la Grèce et la Roumanie, mais aussi de s'équiper pour inverser les flux de gaz dans son réseau pour pallier aux prochaines ruptures d'approvisionnement. À l'instar de nombreux de ses collègues, le Premier ministre bulgare a exprimé à M. Barroso le souhait d'obtenir davantage d'argent.
M. Stanichev a également assuré à la Commission que Sofia a abandonné toute idée de réactiver deux des quatre premiers réacteurs de la centrale nucléaire de Kozluduy, les unités 3 et 4, de 440 mégawatts chacun, éteints le 31 décembre en 2006 conformément à l'engagement pris par la Bulgarie pour son adhésion à l'UE. Mais le pays va maintenant concentrer ses efforts pour obtenir davantage de compensation de la part de l'UE. Sofia, qui a déjà pu bénéficier de 570 millions d'euros pour compenser le démantèlement des unités 3 et 4, veut plus d'argent et sur une plus longue durée (jusqu'en 2013) pour compenser les pertes provoquées par l'extinction des réacteurs. M. Barroso a promis que la Commission étudiera cette demande avec « beaucoup d'attention ».
Enfin, M. Stanichev a fait part à M. Piebalgs de la proposition de la Bulgarie d'être l'hôte d'un forum annuel permanent sur l'énergie pour nourrir le débat sur la politique énergétique commune européenne, dont la nécessité se fait encore plus forte depuis la crise gazière, ont-ils convenu. Le Premier ministre bulgare, qui n'a pas manqué de remercier le commissaire à l'Énergie pour sa pro-activité durant la crise, a souligné que les pertes subies par son pays lors de la crise gazière s'étaient élevées à plus de 250 millions d'euros. (E.H.)