Bruxelles, 09/03/2009 (Agence Europe) - Réunis vendredi 6 mars au Comité 133, les experts commerciaux des États membres ne sont pas parvenus au consensus nécessaire pour donner leur feu vert au ficelage d'un accord bilatéral de libre-échange entre l'UE et la Corée du Sud, dont les négociations ont été lancées en mai 2007. Après une visite à Berlin fin février pour essayer de convaincre un gouvernement allemand réticent, car inquiet pour son industrie automobile, à la soutenir, Catherine Ashton s'est rendue devant les représentants des États membres pour arrêter un compromis entre les Vingt-sept avant un huitième - et probablement dernier - tour de table entre les négociateurs de la Commission et du gouvernement sud-coréen les 23/24 mars à Séoul. « La discussion a été positive et personne n'a indiqué qu'il ne voulait pas l'accord. Mais rien n'est conclu et les divergences demeurent », a indiqué vendredi à Reuters une source proche du dossier, avant d'ajouter: « Après la réunion d'aujourd'hui, nous savons ce qui doit être fait et je pense que nous pourrons clore beaucoup de chapitres le 23 mars ». Les États membres restent divisés entre les défenseurs de leur industrie automobile nationale, comme l'Allemagne, l'Espagne et l'Italie, ainsi que la France dans une certaine mesure, mais aussi la Hongrie, productrice de pièces automobiles, qui en pleine crise du secteur, rechignent à éliminer progressivement les droits sur les importations de voitures sud-coréennes avec peu en retour, et les pays libre-échangistes, emmenés par le Royaume-Uni et la Suède, qui, forts d'intérêts offensifs dans les services, plaident pour une conclusion rapide de l'accord. « L'automobile reste le nœud du problème, et au moins huit ou neuf pays, y compris l'Allemagne, la France, l'Espagne et l'Italie, s'opposent à un accord tel quel. Ils veulent que la Commission revienne avec une meilleure offre [sud-coréenne, NDLR] après le 23 mars », assure une source diplomatique. La commissaire au Commerce n'est donc pas parvenue à apaiser certaines craintes exprimées par ces pays concernant l'industrie automobile qui, en Europe, emploie 2,3 millions de personnes directement et 10 millions indirectement. Si Mme Ashton a mis en avant les progrès obtenus en matière d'accès au marché sud-coréen, avec une concession importante de Séoul sur le chapitre des normes automobiles, et s'est dite flexible pour prolonger la période de transition, la question du remboursement de douane, le duty drawback, demeure le plus grand obstacle à un accord sur le chapitre des règles d'origine. Le remboursement de douane permet aux constructeurs automobiles sud-coréens d'importer des composants bon marché depuis la Chine et d'obtenir remboursement pour les droits d'importation payés sur ces pièces si elles entrent dans la composition des véhicules destinés au marché communautaire. Un système auquel Séoul n'est pas prêt à renoncer. « À la fin, le duty drawback sera le grand point de désaccord politique à surmonter. Les ministres devront décider si ce principe vaut le coup de saboter l'accord », estime-t-on du côté de la Commission. (E.H.)