Bruxelles, 09/03/2009 (Agence Europe) - Les ministres européens de la Recherche ont affirmé, vendredi 6 mars, qu'une des solutions à la crise actuelle résidait dans la réalisation de l'Espace européen de la recherche (ERA) et en particulier dans la poursuite des travaux sur deux dossiers essentiels: le processus de Ljubljana et les infrastructures de recherche. « Il existe une crise sérieuse, mais il y a une voie de sortie à cette crise et la recherche et l'innovation en font partie », a déclaré Janez Potoènik, le commissaire européen à la Science et à la Recherche, lors d'une conférence de presse. Le Conseil, présidé par le ministre tchèque de l'Éducation, de la Jeunesse et des Sports, Ondøej Liška, a débattu de la vision à long terme pour la réalisation de l'ERA, « baptisée processus de Ljubljana ». Sur la base d'un questionnaire préparé par la Présidence, les ministres européens ont donné leur avis sur les conséquences de la récession économique et la nécessité d'arriver à une meilleure efficacité des investissements. Conformément au document stratégique intitulé « Vision 2020 pour l'Espace européen de la recherche », adopté jeudi 5 mars, les pays membres de l'UE devraient atteindre dans le cadre du processus de Ljubljana une meilleure gestion de la recherche et du développement. La prochaine étape de ce processus consistera à identifier les priorités pour les futures présidences. Les ministres ont également discuté, au cours du déjeuner, du rôle des infrastructures de recherche européennes. « Il s'agit d'un domaine concret d'action pour la recherche pour contribuer au plan de relance dans une perspective à moyen et long termes », a indiqué M. Potoènik, insistant sur la plus-value qu'apporteront des observatoires pour les sciences de l'environnement, les banques de données dans le domaine de la génomique ou encore des « super » ordinateurs. Selon lui, le court terme, qui correspond à la phase de construction des infrastructures, permettra de créer de l'emploi, mais aussi d'impliquer différents fournisseurs. À moyen terme, lorsque les infrastructures fonctionneront, d'autres emplois seront créés et ainsi généreront des activités indirectes telles que magasins et restaurants. Enfin, à long terme, le commissaire prévoit l'exploitation commerciale des innovations technologiques. « Les infrastructures de recherche contribuent à la production de nouveaux savoirs qui sont le nouveau moteur pour la croissance et la compétitivité de l'économie de l'UE », a souligné le commissaire. « Il est nécessaire de bien pondérer les investissements consacrés aux infrastructures de recherche, étant donné l'apport de ces dernières entre autres pour la compétitivité de l'Europe à long terme, comme l'ont également confirmé, dans le plan de relance, les chefs d'État et de gouvernement de l'UE », a de son côté expliqué le ministre Liška. Les ministres avaient précédemment débattu de l'impact qu'auront les infrastructures européennes de recherche sur le renforcement des liens entre les universités, le secteur privé et les administrations publiques et du rôle de ces infrastructures dans le cadre du plan européen de relance. Le Conseil adoptera des conclusions sur les infrastructures européennes de recherche lors de sa prochaine réunion, les 28-29 mai. Le Conseil des ministres s'est par ailleurs penché sur les autres points figurant à l'ordre du jour, à savoir les informations fournies par la présidence et la Commission européenne sur l'évaluation ex-post du 6ème programme-cadre pour la recherche et le développement, la possible association de la Russie au 7ème programme-cadre de recherche de l'UE (7ème PCRD) et le programme de recherche sur la métrologie. Le Conseil a enfin discuté des résultats de la conférence EUFORDIA qui s'est tenue les 24 et 25 février 2009 à Prague et était consacrée à l'évaluation de l'impact des investissements en recherche-développement sur l'économie. (B.C.)