Bruxelles, 16/02/2009 (Agence Europe) - Un nouveau sondage confirme que le Traité de Lisbonne aurait de fortes chances d'être approuvé par le peuple irlandais si un nouveau référendum avait lieu aujourd'hui. 51% (soit 8% de plus qu'en novembre) des Irlandais se disent prêts à voter en faveur du nouveau traité, selon un sondage TNS mrbi publié dans le Irish Times du 16 février. Environ 33 % déclarent vouloir voter « non » et 16 % restent indécis. Le 1er février, un autre sondage pour le Sunday Business Post indiquait même que 58 % des personnes interrogées approuveraient le traité (EUROPE n° 9831). Compte tenu des sondages favorables, des voix s'élèvent en Irlande et ailleurs pour réclamer que le nouveau référendum soit convoqué rapidement, encore avant l'été. Colm Burke, un député européen du Fine Gael, le principal parti d'opposition irlandais, a appelé, le 15 février, le gouvernement à organiser un second référendum déjà en avril afin de pouvoir se concentrer à 100% sur les problèmes économiques du pays. Dans le Irish Times du 14 février, Valéry Giscard d'Estaing, l'ancien président de la Convention sur la constitution européenne, se dit également favorable à un second scrutin « fin avril ou début mai ». L'ancien chef du parti travailliste irlandais, Pat Rabbitte, suggère de tenir le référendum en juin au moment des élections européennes et locales en Irlande. Le président de la commission des Affaires constitutionnelles du Parlement européen, Jo Leinen, a lui aussi plaidé lundi pour un référendum « au printemps ou au plus tard au moment des élections européennes ».
Garanties juridiques. Il est cependant très improbable que Dublin organise le nouveau référendum avant l'été. En effet, ce n'est qu'en juin prochain que le gouvernement de Brian Cowen connaîtra les détails des « garanties juridiques » que les chefs d'État et de gouvernement de l'UE lui ont promises en décembre dernier en échange de son engagement de convoquer un nouveau référendum pour « rechercher la ratification du Traité de Lisbonne d'ici la fin de l'actuelle Commission ». Tant qu'il n'aura pas vu et approuvé les détails des garanties - maintien d'un commissaire par État membre et confirmation que le nouveau traité n'affectera pas la neutralité de l'Irlande, ni sa législation en matière d'avortement, d'éducation et de famille, ni la prise de décision de l'UE en matière de fiscalité -, le gouvernement irlandais ne pourra convoquer un nouveau référendum. Les conclusions du Conseil européen stipulent que la formulation exacte des garanties doit être « achevée de manière satisfaisante d'ici la mi-2009 ». Ce travail en cours ne laisse en rien prévoir à ce stade qu'il puisse être terminé avant juin. Brian Cowen et Mirek Topolánek, le président en exercice de l'UE, feront un rapport intermédiaire au Conseil européen des 19 et 20 mars. Dimanche 15 février, le vice-Premier ministre tchèque Alexandr Vondra s'est rendu en Irlande où il a évoqué le sujet avec le ministre des Affaires étrangères, Micheál Martin. « La Présidence tchèque et le gouvernement irlandais mettront leurs efforts en commun pour finaliser les garanties juridiques relatives au Traité de Lisbonne promises à l'Irlande par le Conseil européen de décembre. L'objectif commun de la présidence et du gouvernement irlandais est de présenter au Conseil européen au plus tard en juin 2009 les textes finaux des garanties irlandaises qui reflèteront entièrement les conclusions du Conseil européen de décembre 2008 sans pourtant les dépasser et qui seront acceptables pour l'Irlande aussi bien que pour les autres États membres », a déclaré M. Vondra après la réunion. Le président en exercice du Conseil de l'UE a aussi estimé qu'aucune pression ne devrait être exercée sur l'Irlande ou tout autre État membre concernant la ratification du Traité de Lisbonne (outre l'Irlande, la République tchèque n'a pas encore ratifié le texte). « Le droit souverain du gouvernement irlandais de prendre la décision relative à la programmation d'un nouveau référendum doit être respecté », a précisé M. Vondra. (H.B.)