Bruxelles, 16/02/2009 (Agence Europe) - En dépit de nets progrès depuis décembre, confirmés en janvier par la commissaire européenne au Commerce Catherine Ashton et le ministre sud-coréen du Commerce Kim Jong-hoon, la Commission européenne devrait se résigner à reporter la 8ème session de négociations pour un accord bilatéral de libre-échange (ALE) entre l'UE et la Corée du Sud prévue début mars, ce qui repousserait le bouclage d'un accord un temps espéré pour avril, lors d'un possible sommet UE/Corée du Sud. Après plusieurs réunions d'information, le négociateur en chef de la Commission, Ignacio Garcia Bercero, doit de nouveau écouter les attentes et les griefs des experts commerciaux des États membres lors d'une réunion du Comité 133 vendredi 20 février. Le 8ème tour de table entre négociateurs européens et sud-coréens ne devrait, selon toute vraisemblance, pas se tenir durant la première semaine de mars à Bruxelles comme prévu initialement. De nouvelles consultations sont toutefois en cours entre les parties pour convenir d'une autre date.
Lancés en mai 2007, les pourparlers entre l'UE et la Corée du Sud achoppent toujours sur les dossiers des règles d'origine et de la libéralisation du commerce automobile. La pression d'une partie de l'industrie européenne et de certains grands États membres a contraint la Commission à reporter ses plans et à se laisser plus de temps pour convaincre le Conseil de soutenir un accord très controversé. Face à la crise économique et financière actuelle, certains grands États membres, l'Allemagne et la France en tête, rechignent à donner leur aval à une plus grande ouverture du marché communautaire à la concurrence sud-coréenne. L'avenir incertain d'une industrie automobile européenne violemment frappée par la crise les amène à craindre que la hausse des importations de véhicules sud-coréens menace les emplois en Europe. Le 6 février dernier, l'ACEA a invité le Conseil à rejeter un accord « mal équilibré » proposé par la Commission (EUROPE n° 9834). Le dossier des règles d'origine et le système via lequel Séoul soutient financièrement les sociétés qui externalisent leur production en Chine est une autre source de préoccupation majeure pour plusieurs États membres. (E.H.)