On ne soulignera jamais assez l'importance des institutions de niveau universitaire qui forment les jeunes à la connaissance de la réalité historique et institutionnelle de l'UE. Une génération entière d'élites a manqué de cette formation spécifique, et ceci a fortement nui à l'idée européenne. C'est pourquoi, j'ai assisté avec un intérêt particulier à l'inauguration de l'année académique du Collège européen de Parme (Italie) qui fournit une année de «spécialisation européenne» à des jeunes de toutes les nationalités qui ont achevé leurs études universitaires dans leur pays d'origine. Cette fois-ci ont notamment participé à la cérémonie le président de la République italienne, Giorgio Napolitano (ancien président de la commission institutionnelle du Parlement européen) et Jacques Delors. Ce dernier a insisté sur la signification de la construction européenne: « L'Europe, c'est d'abord la paix et la réconciliation entre des pays qui s'étaient déchirés pendant des siècles. Elle a le droit et le devoir de se faire entendre dans le monde car elle est la première puissance commerciale mondiale et le premier donateur d'aides aux pays pauvres ». L'enthousiasme des jeunes, à qui trop souvent l'Europe unie est présentée comme une construction bureaucratique ayant des objectifs essentiellement économiques, était émouvant. À leurs yeux, les « pères de l'Europe » font partie de l'histoire, ils sont une matière d'étude ; rencontrer l'un ou l'autre des protagonistes a pour eux une signification particulière. C'est important, car -ainsi que l'a déclaré récemment Valéry Giscard d'Estaing - « ce sont les nouvelles générations formées à l'Europe par leurs cursus universitaires qui feront franchir à cette Europe un nouveau pas ». (F.R.)