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Bulletin Quotidien Europe N° 9828
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/guantanamo

Jacques Barrot demande aux Vingt-sept de coopérer

Bruxelles, 28/01/2009 (Agence Europe) - Le commissaire européen chargé de la Justice, de la Liberté et de la Sécurité, Jacques Barrot, a invité, mardi 27 janvier, les États membres de l'UE souhaitant accueillir d'anciens détenus de Guantanamo à coopérer avec les autres pour garantir la sécurité au sein de l'espace Schengen.

L'Union européenne n'a pas réussi lundi à s'entendre sur une aide concertée à apporter au président américain Barack Hussein Obama pour la fermeture de la prison de Guantanamo, concluant que chaque nation devait décider elle-même d'accueillir ou non des détenus (EUROPE n° 9826). « L'ordre public et (…) Schengen exigent en effet qu'il y ait une coordination, on ne peut pas s'en passer », a indiqué M. Barrot, selon Reuters. D'après lui, le refus de certains États membres de travailler ensemble sur la question est « ridicule ». Les gouvernements européens pensent que l'administration américaine va renouveler sa demande d'accueillir des prisonniers, mais M. Barrot estime que c'est une question difficile qui requiert un examen attentif des implications en matière de sécurité ainsi qu'un travail d'explication au public. « Le principal problème est très pratique. Si nous prenons chez nous ces personnes, faut-il les mettre en prison ou les libérer? », a-t-il dit. « Si vous maintenez des gens en prison alors qu'ils sont innocents, vous serez très vite accusés de continuer Guantanamo (…) Mais au contraire, si vous les relâchez, les gens vont dire: qu'en est-il de notre sécurité, ne la met-on pas en danger?», a encore ajouté le commissaire. Pour M. Barrot, les ministres de l'Intérieur devront être très clairs sur les conditions qui conduisent à l'accueil de prisonniers et pourquoi certains se voient donner un statut plutôt qu'un autre. Le commissaire a donc estimé que les États-Unis devaient clairement dire ce qu'ils voulaient de l'Europe sur ce sujet, qui sera à l'agenda d'un voyage à Washington au mois de mars. Le ministre tchèque des Affaires étrangères, Karel Schwarzenberg, a déclaré à la presse tchèque qu'il n'excluait pas que les Américains abordent le sujet lorsqu'il se rendra aux États-Unis début février.

La France, l'Espagne, l'Irlande, l'Italie, le Portugal, le Royaume-Uni, la Finlande et le Luxembourg (et la Suisse qui fait partie de l'espace Schengen) ont accepté d'accueillir au cas par cas et selon des conditions précises la soixantaine de prisonniers chinois, libyens, ouzbeks ou algériens considérés comme innocents par les autorités américaines, mais qui risquent d'être torturés s'ils étaient renvoyés dans leur pays d'origine. La France suggère de mettre en place un « guichet unique » destiné à examiner le profil des détenus susceptibles d'être accueillis en Europe. À l'instar de l'Allemagne, d'autres pays, comme la Belgique, hésitent à s'engager sur cette voie. Ils demandent aux États-Unis de préciser leurs intentions. Les Pays-Bas, l'Autriche ou la Pologne ont d'ores et déjà fait savoir qu'ils refusaient d'accueillir le moindre détenu. (B.C.)

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