Bruxelles, 06/11/2008 (Agence Europe) - Pour prévenir et lutter contre des menaces telles que la criminalité organisée, la cybercriminalité, le trafic de drogue ou encore le franchissement illégal des frontières, la Commission européenne juge qu'il faut utiliser des technologies de pointe qui respectent avant tout les droits fondamentaux des citoyens. « Les nouvelles technologies en matière de sécurité devront être acceptables par rapport à nos citoyens, à nos lois, à nos valeurs », a indiqué, mardi 4 novembre, le commissaire chargé de la Justice, de la Liberté et de la Sécurité, Jacques Barrot. Celui-ci s'est exprimé à l'issue d'une conférence de deux jours, à Bruxelles, consacrée aux problématiques de la Sécurité et de la Défense en Europe (« Security&Defence Days 2008 »). Ces technologies de la sécurité devront également être « abordables en termes de rapport coût/bénéfice, de facilité d'utilisation et d'interopérabilité », a ajouté le commissaire. Á cet égard, il a défendu le développement d'un modèle européen de technologies de la sécurité qui se distingue de la voie suivie par les États-Unis. « Les États-Unis ont tendance à dépenser beaucoup trop sans cibler leurs dépenses », a déploré M. Barrot, expliquant par exemple que la collecte excessive des données personnelles servait un objectif pour l'heure incertain. « Il s'agit d'une accumulation telle qu'on peut se demander si elle sert encore à quelque chose », a-t-il souligné. Á l'inverse, le commissaire a expliqué que les Européens avaient tendance à négliger les efforts de recherche à engager en matière de sécurité. Une technologie mieux ciblée peut optimiser la dépense, de même que la recherche doit mettre au point de nouvelles solutions qui prennent en compte l'ensemble des exigences de sécurité et de liberté, a rappelé M. Barrot, vantant les mérites du Forum public-privé sur la recherche et l'innovation en matière de sécurité (ESRIF). « Entre une politique de l'autruche, où l'Europe resterait aveugle et vulnérable, et une politique du primat de la sécurité, conduisant inéluctablement à une société enfermée et contrôlée, l'Europe doit prendre la voie du milieu », a affirmé le commissaire. « Nos citoyens l'appellent de leurs vœux: ils désirent vivre en sécurité et en liberté. A nous, responsables politiques et professionnels des services publics, de trouver autant que possible les solutions qui permettent d'atteindre cet équilibre entre liberté et sécurité », a-t-il conclu. Le budget européen 2007-2013 prévoit 1,4 milliard d'euros pour soutenir la recherche de la sécurité dans les différentes politiques communautaires, comme la justice et les affaires intérieures, le transport et l'énergie. (B.C.)