Bruxelles, 06/11/2008 (Agence Europe) - La Commission et les autorités polonaises ont bouclé, jeudi 6 novembre, le dossier épineux des aides d'État aux chantiers navals de Gdynia et de Szczecin, après plusieurs années de bras de fer. La Pologne a accepté de vendre les actifs de ces chantiers en crise d'ici fin mai 2009, afin de récupérer les aides publiques qu'ils ont touchées depuis l'adhésion de la Pologne à l'UE en 2004. Par cette décision, la Commission a jugé les aides incompatibles avec la réglementation européenne, et, en l'absence d'un plan de restructuration convenable, a ordonné leur recouvrement. La commissaire à la Concurrence, Neelie Kroes, a dit devant la presse qu'il s'agit « sans doute d'une des plus difficiles » décisions qu'elle ait eu à prendre depuis qu'elle est en fonction, mais s'est félicitée du résultat qui, selon elle, « établit un équilibre juste entre les intérêts des entreprises et des travailleurs polonais, et ceux des entreprises et des travailleurs dans le reste de l'UE ». Le ministre polonais au Trésor, Aleksander Grad, cité par la presse polonaise, a déclaré: « Le compromis conclu entre la Commission [et la Pologne] est bon pour les chantiers navals et pour la Pologne. Ce n'est pas un succès à part entière, mais à 80, peut-être 90 pourcent. Nous allons transformer ce succès partiel en une pleine réussite dans les sept prochains mois ». Les termes de l'accord imposent plusieurs conditions à la revente des actifs: les revenus de la revente d'actifs serviront à rembourser les aides, ce qui n'incombera donc pas aux acheteurs ; et il n'y aura pas de transfert automatique de personnel vers les nouvelles activités des chantiers. La Commission a précisé que, depuis 2002, Gdynia et Szczecin avaient bénéficié de diverses aides pour un montant total de 1,7 milliard d'euros, ainsi que de garanties pour 1,713 milliard. Le troisième chantier de Gdansk est, selon Mme Kroes, « dans une situation légèrement différente des deux autres chantiers, car il est plus petit, il est déjà privatisé et le niveau des subventions reçues est considérablement plus bas que dans le cas de Gdynia et Szczecin ». La Commissaire a aussi noté que l'actuel propriétaire avait « déjà investi des sommes considérables ».