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Bulletin Quotidien Europe N° 9750
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/inde

Large convergence de vues entre l'Union européenne et l'Inde

Marseille, 29/09/2008 (Agence Europe) - Réunis lundi 29 septembre à Marseille pour le 9ème sommet bilatéral UE/Inde, le président français et président du Conseil européen, Nicolas Sarkozy, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso et le Premier ministre indien Manmohan Singh ont salué la convergence de vues sur les questions internationales et les défis globaux entre leurs deux blocs.

La force du partenariat stratégique UE/Inde établi en 2004 repose notamment sur des relations commerciales fortes. Aussi les parties ont-elles convenu d'accélérer les négociations pour un accord bilatéral de libre-échange, lancées début 2006 mais qui n'ont enregistré que de faibles progrès depuis, notamment en raison de leur lien étroit avec les négociations du round de Doha. Acteurs majeurs à l'OMC, l'UE et l'Inde ont d'ailleurs réaffirmé leur volonté de conclure un accord multilatéral « complet et équilibré ». Présents à Marseille, le commissaire au Commerce Peter Mandelson et son homologue indien Kamal Nath ont eu un échange de vues pour évaluer comment ils pourraient conclure un accord bilatéral avant la fin 2009. Objectif commun affiché: atteindre un total d'échanges bilatéraux de l'ordre de 100 millions d'euros par an dans les cinq prochaines années.

Outre des échanges de vues sur les principaux défis mondiaux comme la réforme des institutions internationales, la sécurité énergétique, la sécurité alimentaire et la lutte contre le terrorisme, les parties ont consacré leurs discussions à la question du réchauffement climatique, source de divergences importantes entre l'UE, qui demande aux économies émergentes d'assumer leur part dans le combat contre le réchauffement de la planète afin d'arriver à un accord international d'ici 2009 sur le régime post-Kyoto, et l'Inde qui, comme la Chine, s'oppose à tout engagement contraignant, faisant valoir que cela mettrait en péril sa croissance économique et ses efforts pour éradiquer la pauvreté. Comme Beijing, New Delhi rechigne à accepter un objectif contraignant de réduction des émissions de CO2 et souligne la responsabilité des pays développés. Dans leur déclaration conjointe, les parties se bornent à souligner les efforts déployés par chacun, le plan d'action national indien et l'engagement de l'UE à réduire d'au moins 20% d'ici 2020 ses émissions, mais elles précisent leur décision « d'œuvrer en faveur d'une action de coopération à long terme qui comporte un objectif mondial à long terme ».

Les dirigeants européens ont salué, dans ce contexte, la volonté du gouvernement indien de recourir au nucléaire civil, volonté concrétisée par la conclusion récente d'un accord de coopération nucléaire civile avec les États-Unis. M. Barroso a proposé à New Delhi de participer à toutes les questions de recherche et de sécurité nucléaire civile dans le cadre du Traité Euratom. Lors d'un sommet bilatéral franco-indien le 30 septembre, MM. Sarkozy et Singh devraient annoncer un accord de coopération nucléaire civil qui ouvrira les portes du marché indien à l'énergéticien français Areva. « L'Inde est une puissance majeure. Comment dire à nos partenaires indiens de participer à la lutte contre le changement climatique sans recourir au nucléaire dont on sait que c'est l'énergie la plus propre ? C'est une incohérence totale », a insisté M. Sarkozy.

Sur la question de la crise financière internationale, les parties ont convenu de la nécessité de s'attaquer d'urgence aux répercussions de la crise financière et de corriger les déséquilibres économiques mondiaux grâce à l'action concertée des principaux acteurs de l'économie mondiale. Consciente qu'elle risque d'être touchée à son tour, l'Inde a soutenu la proposition soumise par le président Sarkozy à l'ONU la semaine dernière d'organiser un sommet mondial pour refondre le système financier international. Dans ce contexte, MM. Sarkozy et Barroso ont annoncé qu'ils rassembleront à Paris, dans « les jours qui viennent », avant le Conseil européen du 15 octobre, les quatre pays européens membres du G8 (Allemagne, France, Italie et Royaume-Uni) et les autorités monétaires européennes (présidents de la BCE et de la zone euro) pour préparer un sommet mondial.

Sur les questions internationales, les parties ont examiné le dossier nucléaire iranien, la situation en Afghanistan et au Pakistan ainsi que la question birmane, à propos de laquelle M. Sarkzoy a insisté sur « l'aspect intolérable de l'attitude de la junte bimane vis-à-vis des organisations d'aide humanitaire ». La lutte contre le terrorisme a également été abordée, et les parties ont convenu de poursuivre leur coopération en concrétisant rapidement l'échange de renseignements entre Europol et les agences indiennes.

Enfin, dirigeants européens et indiens ont étoffé le plan d'action liant les deux blocs depuis 2005 en l'étendant à de nouveaux domaines de coopération: l'éducation et la culture, les sciences et technologies, notamment en matière nucléaire puisque le sommet de Marseille a permis de finaliser les négociations entre Euratom et l'Inde dans le domaine de la fusion nucléaire pour associer New Delhi au projet ITER. Un programme de travail commun sur l'énergie, le développement durable et le changement climatique qui prévoit une coopération sur le charbon propre, l'efficacité énergétique et les énergies renouvelables a également été convenu. Enfin, l'UE et l'Inde ont conclu un accord de coopération horizontal dans le domaine de l'aviation civile. Notons enfin que M. Sarkzoy a salué au nom de l'UE les « propos fermes » du Premier ministre indien condamnant les récentes attaques perpétrées en Inde contre les minorités religieuses, les chrétiens en particulier. « L'Inde est un pays séculier et multireligieux. Le gouvernement indien est engagé à garantir à tous ses citoyens la liberté de confession », a martelé M. Singh pour conclure la conférence de presse. (E.H.)

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