Paris, 29/09/2008 (Agence Europe) - La Présidence française a inauguré, lundi 29 septembre à Paris, la troisième conférence européenne sur la recherche en sécurité (SRC08). La ministre française de l'Enseignement supérieur chargée de la recherche, Valérie Pécresse, la ministre française de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, et le commissaire chargé de la Justice, de la Sécurité et de la Liberté, Jacques Barrot, ont inauguré la conférence devant plus de 1000 représentants des milieux de la sécurité.
La « voie médiane ». « Il ne peut y avoir aucune autre réponse qu'européenne au terrorisme », a affirmé Valérie Pécresse, lors de son discours, insistant sur la nécessaire coopération entre les États en matière de recherche. Pour la ministre, il importe que les États se répartissent la tâche pour arriver à des objectifs communs. « Pourquoi nous faudrait-il encore avancer chacun de notre côté? », a-t-elle interrogé, appelant l'Union européenne à tracer sa voie, une « voie médiane », entre deux visions de la sécurité: la « prévoyance » et la « résilience ». Elle a affirmé son attachement aux libertés fondamentales, qui figurent, selon elle, « au premier rang des valeurs européennes ». « Nous ne pouvons exercer une emprise illimitée sur la liberté de chacun », a-t-elle souligné. Et de proposer que des philosophes et des sociologues participent à « la réflexion éthique » sur la sécurité.
Les priorités du marché européen de la sécurité. La ministre française de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, a pour sa part rappelé que la mise en œuvre d'une véritable politique européenne de sécurité et de recherche exige une action cohérente. « À l'échelle européenne, la première démarche consiste à identifier les besoins », a-t-elle affirmé. Avant de souligner que le Forum européen de la recherche et de l'innovation en matière de sécurité (Esrif) devait permettre d'aboutir à un « référentiel européen » en matière de sécurité. Elle a également insisté sur la nécessité d'impliquer les PME européennes dans la recherche sur la sécurité. « Les PME sont des sources d'innovation et de créativité », a-t-elle souligné. Elle a ensuite mentionné « trois axes » de développement pour le marché européen de la sécurité: - l'élaboration de normes techniques communes pour faire entendre la voix de l'UE sur la scène internationale ; - la veille technologique opérée par les centres de recherche (rôle d'information auprès des utilisateurs) et les réseaux de laboratoires européens de recherche ; - l'acquisition en commun d'équipements de sécurité, un sujet qui a fait l'objet d'une proposition de directive de la Commission en novembre 2007. La ministre a par ailleurs plaidé pour l'élargissement des possibilités de mutualisation dans le domaine de la sécurité, sur l'exemple de la protection civile. Elle a enfin demandé aux représentants de l'industrie, à l'instar des pouvoirs publics, de respecter l'équilibre entre la sécurité et la liberté, notamment concernant la protection des données. « L'UE est appelée à jouer un rôle de plus en plus important dans le domaine de la recherche et de la sécurité. Il faut construire une Europe de la sécurité respectueuse de tous et de la liberté de chacun ».
Vers une stratégie européenne de sécurité. Le commissaire chargé de la Justice de la Liberté et de la Sécurité, Jacques Barrot, a mis en avant le « défi sociétal » que constitue la sécurité en Europe, et ceci d'autant plus que les menaces conventionnelles (terrorisme, crime organisé) ont récemment évolué pour inclure désormais celles relatives au changement climatique, à l'approvisionnement énergétique, au NRBC. De même, les technologies sont en pleine évolution, a-t-il rappelé, citant au passage Galileo et le système d'information Schengen (SIS). Prenant acte de ces nouvelles tendances, M. Barrot a indiqué qu'il avait l'intention de présenter, en collaboration avec Günter Verheugen, le commissaire chargé des Entreprises et de l'Industrie, une stratégie européenne de sécurité qui s'appuiera en partie sur les travaux de l'Esrif. Cette stratégie, qui prendra la forme d'une communication, sera présentée au printemps 2009. Elle devrait notamment soutenir la création d'un label européen de sécurité pour permettre au marché européen de la sécurité de prendre son envol. (B.C./L.B.S.)