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Bulletin Quotidien Europe N° 9730
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/italie/libye

Signature entre Rome et Tripoli d'un accord sur la lutte contre l'immigration clandestine qui ouvre la voie au droit à la "repentance" coloniale

Bruxelles, 01/09/2008 (Agence Europe) - En visite éclair en Libye, le président du Conseil italien a signé, samedi 30 août, un accord qui ouvre la voie à une coopération dans la lutte contre l'immigration clandestine. La Libye était invitée par Rome à faire davantage d'efforts dans ce domaine. Une telle coopération achoppait sur les compensations réclamées par Tripoli pour près de quarante ans d'occupation italienne. La question a été réglée dans le même accord par l'offre d'un montant de 200 millions de dollars par an durant les 25 prochaines années sous forme d'investissements dans des projets d'infrastructure. M. Berlusconi a précisé que parmi les projets à financer figurait la construction d'une autoroute traversant la Libye d'ouest en est, de la Tunisie à l'Égypte. L'accord prévoit également la construction « d'un très grand nombre » de logements, l'installation d'entreprises italiennes en Libye, des bourses à des étudiants libyens en Italie et des pensions pour des mutilés victimes de mines antipersonnel posées par l'Italie pendant la période coloniale, a dit M. Berlusconi qui a affirmé que cela « nous permettra d'avoir moins de clandestins et plus de gaz et de pétrole libyen qui est d'une excellente qualité ». L'Italie a par ailleurs promis de financer à hauteur de 500 millions de dollars l'installation de moyens de surveillance électronique sur la côte libyenne pour résoudre le dossier de l'immigration illégale qui est aujourd'hui au cœur des préoccupations de l'UE.

Outre le fait que l'accord italo-libyen sur l'immigration, ajouté au règlement final de tous les contentieux avec les États-Unis comme avec l'Europe, pourrait faciliter la décision sur un mandat de négociations avec l'UE (le projet est toujours sur la table du Conseil des ministres et attend le feu vert des États membres), Silvio Berlusconi crée deux précédents déjà relevés par des pays arabes et africains. Il avait, lors de sa visite, présenté ses « excuses solennelles » pour le mauvais comportement de son pays durant la période coloniale et restitué une œuvre historique, la « Vénus de Cyrène », une statue sans tête du IIème siècle après JC mise à jour en Libye, en 1913, par des archéologues italiens. L'accord de Benghazi répond ainsi au droit à exiger la « repentance » des anciennes puissances coloniales et au droit d'exiger la restitution des biens culturels « spoliés ». L'Italie et la Grèce figurent d'ailleurs parmi les pays qui revendiquent ce dernier droit pour leurs richesses archéologiques « empruntées » par les grands musées mondiaux (British Museum, Getty, Louvre, etc.). (F.B.)

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