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Bulletin Quotidien Europe N° 9699
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/otan

Bernard Kouchner, Javier Solana et Jaap de Hoop Scheffer plaident pour un rapprochement UE/OTAN

Paris, 08/07/2008 (Agence Europe) - Ouvrant un séminaire de haut niveau sur les relations UE/OTAN, le lundi 7 juillet à Paris, le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a plaidé pour un rapprochement entre les deux organisations. Il a suggéré la mise en place d'un « groupe de haut niveau », autour du Haut représentant pour la PESC de l'Union européenne, Javier Solana et du secrétaire général de l'Alliance atlantique, Jaap de Hoop Scheffer.

Sans remettre en cause l'objectif adopté en 1999 (60 000 hommes déployables en 60 jours pour une durée d'un an), Bernard Kouchner a plaidé pour une relance de la PESD. Il souhaite que l'UE se dote de la capacité de mener « en même temps »: - deux opérations militaires importantes de stabilisation et de reconstruction ; - deux opérations de réaction rapide ; - une opération d'évacuation d'urgence de ressortissants européens ; - une mission de surveillance ou d'interdiction maritime ou aérienne ; - une opération civilo-militaire d'assistance humanitaire pouvant durer 90 jours; - une dizaine de missions civiles de type police/justice. Il a également demandé la création d'une formation du Conseil Affaires générales réunissant les ministres de la Défense.

En réponse au ministre français, Javier Solana s'est dit favorable à la création d'un groupe de haut niveau suggérée par la Présidence française. « Il faut faire converger nos actions pour en renforcer l'efficacité », a estimé le Haut représentant. Plaidant pour la flexibilité, il a rappelé l'importance de l'approche civilo-militaire pour l'ensemble du spectre des missions de la PESD.

Le secrétaire général de l'OTAN a lui aussi souhaité un rapprochement entre l'UE et l'Alliance atlantique. « Le monde bouge rapidement et nous n'avons pas beaucoup de temps pour définir les relations qui sont les nôtres », a déclaré Jaap de Hoop Scheffer. Il a demandé que s'établissent davantage de consultations réciproques entre les deux organisations, y compris à l'occasion du réexamen des stratégies de l'UE et de l'OTAN. « Nous devons cesser de gaspiller de l'énergie et de l'argent », a-t-il ajouté, prônant la coopération, notamment dans le domaine des transports de troupes. « Je suis favorable à une Union européenne forte, y compris en terme de défense. C'est dans l'intérêt de l'OTAN », a poursuivi le secrétaire général de l'OTAN.

Tous deux ont jugé que l'accord de partenariat stratégique entre l'UE et l'OTAN mis en place en 1994 n'est plus suffisant. « Berlin+ est parfois devenu un frein plus qu'une accélération », a expliqué le secrétaire général de l'Alliance, prônant la mise en place de « possibilités supplémentaires » pour suppléer à cet accord, lorsqu'il se révèle inapproprié aux situations rencontrées par les deux organisations. Enfin, la réunion a été marquée par les propos du secrétaire général de l'Alliance atlantique sur la participation de la Turquie à l'effort militaire en Europe. « Nous devons poursuivre nos efforts pour que les pays européens qui ne sont pas membres de l'UE soient associés aux actions de l'OTAN. » Et inversement. Les membres de l'OTAN qui ne sont pas membres de l'UE doivent, insiste Jaap de Hoop Scheffer, être associés à la PESD renforcée. « La Turquie doit participer à l'Agence européenne de défense », a-t-il précisé, ajoutant que, de ce point de vue, « la situation actuelle n'est pas satisfaisante ».

En signe de rapprochement avec l'OTAN, le secrétaire d'État français aux Affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet, ira présenter les priorités de la Présidence française en matière de défense, le 16 juillet devant le Conseil de l'Atlantique Nord, où siègent les 27 pays de l'OTAN, dont 21 appartiennent à l'UE. (L.B.S.)

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