Bruxelles, 01/07/2008 (Agence Europe) - La Commission européenne serait-elle allée un peu vite en besogne ? Elle a annoncé, mardi 1er juillet, qu'une « vaste majorité » des États membres de l'UE est d'accord sur le principe de mettre définitivement fin au système obligeant les exploitants à mettre en jachère une partie de leurs terres. Or les ministres européens de l'Agriculture ne se sont pas encore prononcés sur ce thème qui fait partie, comme de nombreuses autres choses, des propositions sur le « bilan de santé » de la politique agricole commune (PAC). La Commission a souhaité envoyer un signal positif en réponse à la situation toujours plus tendue sur le marché des céréales.
En réalité, la Présidence slovène du Conseil des ministres de l'UE a conclu, après les discussions lundi 30 juin au sein du Comité spécial Agriculture (CSA), qu'une majorité de délégations n'a pas d'objection à la fin du système obligatoire de gel des terres (10%). Cela ne veut pas forcément dire que ces pays soutiennent la mesure, alors que tout doit se jouer lors des négociations finales des pays de l'UE qui auront lieu en novembre prochain. Le CSA est composé des experts des États membres de l'UE chargés de préparer les réunions des ministres européens de l'Agriculture. En outre, quelques délégations (dont celles du Danemark et du Royaume-Uni) se sont montrées plus prudentes, en demandant de s'assurer que l'UE dispose des outils appropriés afin de préserver les effets environnementaux bénéfiques du gel des terres (comme la pollinisation des cultures par les abeilles). La discussion n'est donc pas terminée, contrairement à ce que semble vouloir dire la Commission. Pour rappel, la Commission propose, dans ses propositions sur le bilan de santé, de supprimer l'obligation de la jachère à compter de 2009. La Commission assure aussi que la jachère disparaîtra pour les semis de l'automne 2008 et du printemps 2009. La jachère avait déjà été suspendue provisoirement l'an dernier (pour les semis de l'automne 2007 et du printemps 2008), en raison de la flambée des prix des matières premières agricoles et de l'envolée de la demande mondiale. (L.C.)