Bruxelles, 25/06/2008 (Agence Europe) - Respect de l'architecture de base de la proposition de la Commission européenne, mais élargissement du champ d'application de la directive « ETS », sont les mots d'ordre d'Avril Doyle (PPE-DE, irlandaise) rapporteur pour la révision du système communautaire d'échanges de quotas d'émissions de gaz à effet de serre. Voici, pour l'essentiel, ce qu'elle prône dans son projet de rapport présenté à ses collègues de la commission de l'environnement du Parlement, le 25 juin, à Bruxelles: - réduction des émissions: s'en tenir à l'objectif unilatéral d'au moins 20% à l'horizon 2020, en gardant à l'esprit que l'objectif final est de 30% dans le cadre d'un accord international en décembre 2009 à Copenhague et qu'il faut montrer comment y parvenir à la conférence de Poznan en décembre 2008. A ceux qui voudraient d'entrée de jeu viser - 30% et prévoir un plan B (revenir à -20% en cas d'échec des négociations), elle oppose le réalisme politique ; - champ d'application: inclure les transports maritimes, la sylviculture et les forêts ; - mise aux enchères des quotas d'émissions: celle-ci doit débuter « bien avant » le 1er janvier 2013 (au moins dix-huit mois plus tôt) pour donner de la certitude aux opérateurs. La liste des secteurs énergivores exposés au risque de fuite de carbone doit être établie avant juin 2009 (six mois plus tôt que ce que propose la Commission), mais brandir la liste des entreprises européennes à protéger diminuerait les chances de parvenir à un bon accord à Copenhague. « Soyons diplomates. Si besoin en est, utilisons cet outil, mais ce qu'on veut, c'est un accord international », a précisé Mme Doyle ; - affectation des revenus des enchères: 50% seraient transférés par les États membres dans un fonds communautaire ou international pour lutter contre la déforestation et financer l'adaptation au changement climatique dans les pays en développement. Pour ne rien dicter, il conviendrait de créer une « coalition des volontaires » ; - mécanisme de développement propre: des critères précis devront être établis pour garantir que seuls les projets d'investissements de grande qualité ouvrent droit à des crédits d'émissions. (A.N.)