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Bulletin Quotidien Europe N° 9689
Sommaire Publication complète Par article 27 / 28
SUPPLÉMENT HEBDOMADAIRE / Bibliothèque européenne

N° 784

*** MICHAEL J. MAZARR: Unmodern Men in the Modern World. Radical Islam, Terrorism, and the War on Modernity. Cambridge University Press (The Edinburgh Building, Cambridge CB2 8RU, UK. Tél.: (44-1223) 326050 - fax: 326111 - Courriel: directcustserve@cambridge.org - Internet: http://www.cambridge.org ). 2007, 290 p., 13,99 £. ISBN 978-0-521-71291-0.

Le 11 septembre 2001 a déjà fait couler beaucoup d'encre, et le flot n'est sans doute pas prêt de se tarir. Tant mieux car il charrie à l'occasion des analyses pénétrantes qui aident réellement à mieux comprendre ce qu'il s'est réellement passé en ce jour tragique et à porter un jugement plus éclairé sur la manière dont les États-Unis ont géré l'après-11 septembre. C'est le cas de ce très bel ouvrage, interpellant et accusateur, que l'on doit à un professeur de stratégie de sécurité nationale qui enseigne au US National War College de Washington et à l'Université de Georgetown.

Pour Michael J. Mazarr, ce ne sont pas seulement des "malfaiteurs haïssant la liberté" qui ont agi le funeste 11 septembre - et beaucoup d'autres les ont imités depuis un peu partout dans le monde… - mais bien les messagers de la dernière rébellion engagée contre la modernité, dont les États-Unis et l'Occident sont les symboles par excellence. Elle découle aujourd'hui, selon lui, de l'incapacité du Moyen-Orient et de certaines parties du monde musulman à s'adapter aux évolutions culturelles, sociales et économiques qui leur sont imposées par le monde moderne, ce blocage se traduisant par "aliénation, frustration, peur, humiliation, fanatisme et fureur", le tout ouvrant la voie à la xénophobie, au retranchement autoritaire, au sentiment de persécution et à la violence hasardeuse et destructrice. Pouvait-on, dès lors, déclarer ouverte la "guerre globale à la terreur", sachant que le mal à la base de l'irruption meurtrière couvait dans des sociétés entières ? Le président Bush lui-même avait apporté une réponse à cette question dès 2001, lorsqu'il avait observé que l'islamisme radical constituait une idéologie antimoderne meurtrière et qu'il appartenait à toutes les nations modernes du monde, pas aux seuls États-Unis, d'y faire face en veillant à ne pas diaboliser tout l'islam et à éviter d'entrer en conflit avec lui. Le problème, selon l'auteur, c'est que les actes du président Bush et de son administration n'ont pas été inspirés par ces sages paroles, ce qui fait que l'Occident se… diabolise depuis dans cette partie du monde, y compris dans les États qui y sont ouverts à la modernité, et attise les ressentiments psychologiques qui ont précisément permis à Al Qaïda de voir le jour: « Quelle que soit l'aboutissement de l'invasion de l'Irak, par exemple, saisir, dominer et occuper une nation arabe ne pouvait qu'approfondir le sentiment d'humiliation, d'impuissance et de rage si prévalant dans la région ».

L'auteur propose, devant ce tableau navrant, de revisiter le défi que pose l'islamisme radical en le considérant pour ce qu'il est réellement, c'est-à-dire une "forme violente et réactionnaire d'antimodernisme" qui vise non point à déstabiliser les régimes parfois autocratiques de la région ou d'améliorer les conditions de vie et les droits des personnes qui y vivent, mais bien à "créer une société capable de combattre les insultes de la modernité". A cette fin, tant il est vrai que ce combat entre "modernes" et "anciens" est sans doute de tous les temps, il met le phénomène contemporain en miroir avec trois mouvements antimodernes du siècle dernier, à savoir le fascisme allemand, le bolchévisme russe et le nationalisme impérialiste japonais. Ce retour en arrière lui permet de discerner, entre eux, beaucoup de points communs, mais aussi au moins une différence essentielle: quand bien même Ben Laden serait le « nouvel Hitler », il n'est pas pour autant, lui, chef d'un gouvernement national. Dès lors, penser l'islamisme radical comme une force contre laquelle lancer chars et chasseurs n'a été rien d'autre que « confondre une idéologie antimoderne radicale en formation avec une même idéologie pleinement cristallisée et commandant un appareil d'État ». En clair, nous en sommes aujourd'hui dans les années 20 et au début des années 30, pas en 1940 ! Dans le chef de l'administration Bush, il y a eu, selon l'auteur, confusion - grave - sur ce point… Pourquoi ? Parce que le locataire de la Maison Blanche et ses acolytes recherchaient désespérément une "menace globale" qui puisse remplacer l'ours soviétique ? Michael Mazarr ne l'exclut pas, même s'il explique, au fil des pages, que l'islam radical était et reste encore un mouvement pour le moins fragmenté, la politique des États-Unis et de leurs alliés ayant eu pour désagréable effet de lui offrir, ces dernières années, une crédibilité et un allant dont il était dépourvu en 2001. Ayant discerné les éléments fondamentaux qui sont à la base des quatre mouvements antimodernes étudiés, l'auteur suggère des pistes différentes, notamment psychologiques, afin d'attaquer le problème à la racine, en comprenant désormais "la menace telle qu'elle est plutôt que comme on s'attendrait ou espérerait ou préférerait qu'elle soit".

Michel Theys

*** THOMAS DIEZ, MATHIAS ALBERT, STEPHAN STETTER (sous la dir. de): The European Union and Border Conflicts. The Power of Integration and Association. Cambridge University Press (voir coordonnées supra). 2008, 265 p., 17,99 £. ISBN 978-0-521-70949-1.

Alors que l'Union européenne se retrouve sous pression, que ce soit dû aux querelles budgétaires, aux échecs référendaires ou à son prétendu déficit démocratique, il est un point que même ses opposants les plus acharnés ne peuvent contester: la capacité qu'a l'intégration européenne à contribuer à la paix. Il suffit pour s'en convaincre de revenir à ses origines et de se rappeler que la Communauté du charbon et l'acier visait spécifiquement aussi à mettre fin aux hostilités franco-allemandes concernant l'Alsace et la Lorraine, objectif pleinement atteint au vu des relations et coopérations existant entre les deux pays depuis lors. Cette victoire, impensable au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, a marqué les esprits et on associe aisément depuis intégration et paix. Cependant, la majeure partie de la littérature sur le sujet remontant au mieux aux années 90, on possède peu de données sur les mécanismes à l'œuvre dans ces processus, notamment sur la logique sous-jacente et sur la question de savoir dans quelle mesure l'intégration aplanit les conflits ou, au contraire, les exacerbe. Tel est l'objet de cet ouvrage collectif, œuvre d'universitaires spécialisés en sciences politiques, qui cherche, à travers cinq cas d'étude, à déterminer l'impact qu'a l'intégration et l'association à l'Europe sur les conflits frontaliers. On y apprend ainsi que l'intervention européenne n'est pas forcément positive dans tous les cas et que dans certains d'entre eux, comme dans les relations de la Russie avec le nord de l'Europe ou avec le cas chypriote, elle amplifie les différends, voire - pire - en crée de nouveaux. Ceci n'est heureusement pas la règle puisqu'on assiste aussi, dans le cas Irlandais par exemple, à de réelles avancées dans le processus de paix avec les voisins britanniques, avancées influencées dans une certaine mesure par les interventions européennes. Au final, il ressort de cette étude que l'intégration européenne peut être bénéfique dans la transformation de conflits frontaliers, mais que l'issue de ces derniers est en majeure partie hors de son influence puisque ce sont, en ultime instance, les acteurs de ces conflits et l'utilisation qu'ils feront des outils européens qui façonneront le dénouement, positif ou pas…

(NDu)

*** ANNA K. JARSTAD, TIMOTHY D. SISK (sous la dir. de): From War to Democracy. Dilemmas of Peacebuilding. Cambridge University Press (voir coordonnées supra). 2008, 290 p., 15,99 £. ISBN 978-0-521-71327-6.

L'introduction d'un système démocratique dans un pays sortant d'une guerre civile est communément vue, par la communauté internationale, comme le meilleur moyen d'y instaurer une paix durable en ce qu'il permet aux belligérants de ranger leurs armes et de poursuivre le conflit - car il ne s'arrête jamais - autour d'une table, sauvegardant ainsi la sécurité des populations et infrastructures locales. Cependant, si la transition vers la démocratie permet la paix sur le long terme, elle est susceptible d'avoir des effets négatifs sur les efforts de pacification à court terme. Il semblerait que rechercher la paix et la démocratie soient deux objectifs peu compatibles puisque, par exemple, les compromis requis pour arriver à la paix sont parfois anti-démocratiques et que les avancées démocratiques sont parfois dangereuses pour la paix. Cet ouvrage s'intéresse aux problèmes qui émergent de la poursuite de la paix à travers le processus de démocratisation, qu'il analyse à travers six prismes (maintien de la paix, gestion de la violence, transformation des partis politiques, partage de pouvoir et réactions de la société civile aux crises démocratiques) afin de contribuer à la recherche théorique, d'une part, et de trouver de nouvelles solutions pratiques à la mise en place de la paix, de l'autre. Les auteurs passent en revue plusieurs conflits, comme la Bosnie ou Timor Est, du point de vue sécuritaire et politique, ainsi que de celui des autorités internationales engagées dans le processus.

(NDu)

*** SHU ZHISHENG (sous la dir. de): Tibet: Past and Present. SDX Joint Publishing Company (Internet: http://www.bookuu.com ). 2008, 296 p.. ISBN 978-7-108-02955-3.

Rédigé en chinois et en anglais, cet ouvrage donne le point de vue chinois sur l'évolution historique du Tibet et sur la situation qui y prévaut aux plans politique, économique, sociétal et culturel. Il est enrichi par des tableaux, des diagrammes et des photos.

(MT)

*** ANNE CAMMILLERI-SUBRENAT, CLAIRE LEVALLOIS-BARTH: Sensitive Data Protection in the European Union. Etablissements Emile Bruylant (67 rue de la Régence, B-1000 Bruxelles. Tél.: (32-2) 5129842 - fax: 5119477 - Courriel: jean@bruylant.be - Internet: http://www.bruylant.be ). Collection "Travaux du Ceric", n° 15. 2007, 250 p., 55 €. ISBN 978-2-8027-2490-2.

Dernier né dans la collection des travaux du Centre d'études et de recherches internationales et communautaires (Ceric), cet ouvrage s'intéresse à la protection des données sensibles en Europe, nécessaire "pour assurer le plus haut niveau de protection des droits fondamentaux". Données personnelles, données commerciales et données de défense sont ici étudiées suivant un schéma bien défini, à partir des règles existantes au niveau de l'Union européenne, du Conseil de l'Europe, des organisations internationales et d'un échantillon non exhaustif d'États européens. Tout d'abord, les auteurs ont tenté d'apporter une définition générale de la notion de donnée sensible, montrant au passage "qu'il existe une réelle nécessité d'adopter une meilleure qualification des données sensibles, basée sur l'objectif de traitement plus que sur la nature de ces données". Ensuite, les différentes règles en vigueur sont étudiées afin d'en déterminer l'opportunité. Pour conclure, les auteurs ont tenté d'établir un modèle de traitement des données sensibles, mêlant les dispositions légales du traité sur l'Union, du Conseil de l'Europe et de la Convention européenne pour la protection des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il s'agit donc ici de présenter l'ensemble des problèmes rencontrés au niveau européen (manque de cohérence des approches nationales, manque de coordination entre agences européennes, nécessité d'une culture commune de sécurité, etc.) pour ensuite dégager des pistes d'amélioration des mécanismes existants. Un travail convaincant.

(TBa)

*** HELMUT KOZIOL, BARBARA C. STEININGER (sous la dir. de): European Tort Law 2006. Springer (P.O. Box 89, 4-6 Sachsenplatz, A-1201 Vienne. Tél.: (43-1) 3302415 - fax: 3302426 - Courriel: books@springer.at - Internet: http://www.springer.at ). Collection "Tort and Insurance Law Yearbook", n° 6. 2008, 576 p.. ISBN 978-3-211-70937-5.

Prônant "une connaissance mutuelle" des juridictions nationales européennes en vue d'une harmonisation du droit européen, cet ouvrage passe en revue les évolutions du droit de la responsabilité civile en Europe au cours de l'année 2006. L'ouvrage est divisé en deux parties. La première contient quatre essais sur la mort injustifiée, les indemnisations en cas de pertes pécuniaires ou non-pécuniaires et les coûts qu'elle peut engendrer pour les responsables. Dans la seconde partie, vingt-trois États-membres sont présentés, ainsi que la Norvège, la Suisse et l'Union européenne dans son ensemble. Pour chacun d'entre eux, les nouvelles lois et les derniers cas de jurisprudence sont exposés et commentés, tandis que les ouvrages parus en 2006 et traitant de la responsabilité font l'objet de recensions. Un ouvrage essentiel pour "se tenir au courant des questions concernant le droit de la responsabilité civile".

(TBa)

*** Revue de droit monégasque (Palais de Justice de Monaco, BP 513, MC-98015 Monaco cedex). 2007, n° 8, 281 p., 30 €.

Nourri par des spécialistes de haut vol des mondes académique et judiciaire, ce recueil s'intéresse, dans sa première partie, aux dispositions législatives monégasques engageant ce petit pays dans la lutte contre le terrorisme et la criminalité internationale. A la question de savoir ce qu'est un juge, Jean-Pierre Ancel, président de la première chambre civile de la Cour de cassation de Paris, conclut sa contribution par cette proposition de définition: "Citoyen(ne) reconnu(e) apte à mettre au service de tous son savoir et son humanité, afin de résoudre les litiges, conformément à la règle de droit et en accord avec le sentiment que chacun peut avoir du juste". Les autres parties de la revue contiennent de la jurisprudence commentée, de la jurisprudence monégasque et la bibliographie critique d'un ouvrage consacré par le Pr. Costanzo (Université de Gênes) à la Constitution de la Principauté.

(PBo)

*** Rapport 2007. Organe international de contrôle des stupéfiants (Centre international de Vienne, B.P. 500, A-1400 Vienne. Tél.: (43-1) 26060 - fax: 260605867 - Courriel: secretariat@incb.org - Internet: http://www.incb.org ). 2008, 137 p.. ISBN 978-92-1-248157-9.

Le rapport annuel de cet organe des Nations Unies s'ouvre sur un examen détaillé de la manière dont, dans le monde, le principe de proportionnalité s'applique aux infractions liées à la drogue. Il passe ensuite en revue le fonctionnement du système international de contrôle des drogues (stupéfiants, substances psychotropes, précurseurs…) avant d'analyser la situation région par région. Il relève la montée en puissance de deux phénomènes préoccupants: d'une part, les organisations criminelles profitent des lacunes des systèmes de contrôle en Afrique pour les produits chimiques et en font, dès lors, un lieu privilégié de fabrication de drogues ; d'autre part, des itinéraires de contrebande de cocaïne s'y établissent ainsi qu'en Amérique du Sud.

(PBo)

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