Bruxelles, 05/06/2008 (Agence Europe) - La Commission européenne a décidé, mercredi 4 juin, de ne pas soulever d'objection à l'égard du soutien financier de 46 millions d'euros accordé par la France au programme de recherche-développement (R&D) « GENESIS ». GENESIS est réalisé par un consortium de 17 partenaires dont le chef de file est le groupe Arkema. Il vise la mise en place d'une filière technologique centrée autour des nanomatériaux. Après examen, la Commission a conclu que la mesure répond à une défaillance de marché liée aux risques élevés que comporte le projet, et que « les effets positifs du programme GENESIS pour la recherche européenne seront supérieurs aux éventuelles distorsions de concurrence induites par l'aide », selon les termes de Neelie Kroes, commissaire européenne chargée de la concurrence.
Le programme de R&D GENESIS représente un coût total de 107 millions d'euros sur une durée de cinq ans. Il se concentrera sur le développement de nanomatériaux basés sur des formulations intégrant des nanotubes de carbone et des copolymères à architecture contrôlée. Ces technologies devraient permettre de développer industriellement des matériaux aux propriétés radicalement nouvelles en termes de résistance mécanique, de conductivité thermique ou électrique, ou de propriétés optiques. Les secteurs d'application sont: composants automobiles, stockage d'énergie, câblerie, composites, encres conductrices et enfin le domaine environnemental. Concernant les défaillances du marché, la Commission a constaté les risques élevés associés à un tel programme dont la réalisation n'est en conséquence pas suscitée spontanément par le marché. Elle note toutefois que le projet est porteur d'externalités positives pour l'ensemble de la Communauté, en termes de diffusion des connaissances. En outre, les distorsions de concurrence induites par l'aide devraient demeurer limitées car Arkema ne devrait pas acquérir de pouvoir de marché, notamment au vu de l'« hyperchoix » de matériaux auquel sont confrontés les clients. (C.D.)