login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 9662
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/birmanie

Louis Michel, convaincu d'avoir fait son devoir, suivra de près la réponse apportée par la junte à ses requêtes précises

Bruxelles, 16/05/2008 (Agence Europe) - Louis Michel, commissaire européen au Développement et à l'Aide humanitaire, devait quitter la Birmanie, vendredi 16 mai au soir, sans avoir obtenu de la junte l'autorisation de se rendre dans le delta de l'Irrawaddy (dans le sud-ouest) comme il comptait le faire vendredi, mais avec la satisfaction d'avoir tenté tout ce qui était son pouvoir pour tenter de convaincre les autorités birmanes d'ouvrir les frontières à l'aide internationale, dans l'intérêt de leur population menacée de mort, et le respect du droit humanitaire international. A l'heure où nous mettions sous presse, le commissaire autorisé tardivement à se rendre dans le delta le 17 mai - trop tard pour pouvoir s'y rendre - espérait pouvoir rencontrer le Premier ministre et le ministre des Affaires étrangères. Quoi qu'il en soit, à mi-parcours de sa mission de quarante-huit heures, Louis Michel, farouche partisan de l'« optimisme de l'action », se refusait à renoncer à tout espoir d'avoir été entendu. Les cinq requêtes qu'il a formulées auprès du ministre des Affaires sociales et du ministre du Plan (l'extension des visas des collaborateurs d'ECHO, le service d'aide humanitaire de la Commission, la confirmation des autorisations pour le personnel humanitaire local, l'octroi de visa de six mois pour les ONG mettant en œuvre des projets financés par la Commission européenne, le traitement plus rapide des demandes de visas, l'autorisation de libre circulation des acteurs humanitaires, et l'ouverture de l'aéroport de Pathein pour permettre un accès plus facile de l'aide aux zones les plus dévastées) feront l'objet d'un suivi attentif de sa part. S'exprimant le 16 mai au matin sur la radio belge, Louis Michel a déclaré avoir obtenu l'extension des visas pour le personnel de la Commission européenne. Pour le reste, il réserve momentanément son jugement: « Je vais suivre en temps réel l'agencement des réponses », a-t-il déclaré, précisant avoir informé les autorités birmanes qu'il les recontacterait téléphoniquement la semaine prochaine.

Réfutant vigoureusement l'idée défendue par certains que se rendre en Birmanie, c'est soutenir la junte, Louis Michel a rappelé le devoir de neutralité de l'aide humanitaire. « Moi, en tant que commissaire européen au Développement et à l'aide humanitaire, je ne veux pas courir le risque d'avoir sur ma conscience de ne pas avoir tout fait pour aider les populations qui aujourd'hui sont sinistrées. Je n'ai pas d'autre considération aujourd'hui que celle d'aider les populations en détresse. Il y a deux millions de personnes au moins qui sont affectées par ce drame et on discute pour savoir s'il y a 70 000 morts ou 200 000 morts. Les chiffres avancés par les représentants de la communauté internationale sont beaucoup plus près de 200 000 que de 75 000. Le problème n'est même plus là. Ce qu'il faut maintenant, c'est essayer de sauver toutes les vies qu'on peut encore sauver. Et ce n'est évidemment pas en restant calfeutré dans un bureau à Bruxelles, que l'on peut être utile ». (A.N.)

Sommaire

JOURNÉE POLITIQUE
INFORMATIONS GÉNÉRALES
CALENDRIER
INTERPENETRATION ECONOMIQUE