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Bulletin Quotidien Europe N° 9662
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/amÉrique latine

Le Sommet UE/Amérique latine et Caraïbes s'ouvre sur fond de divisions entre pays latino-américains

Bruxelles, 16/05/2008 (Agence Europe) - Le Vème Sommet entre l'Union européenne et les pays d'Amérique latine et des Caraïbes s'est ouvert, vendredi 16 mai, dans la capitale péruvienne avec pour ordre du jour deux thèmes principaux: la lutte contre la pauvreté, les inégalités et l'exclusion sociale ; la lutte contre les changements climatiques, le développement durable et les politiques énergétiques (voir EUROPE n°9655 et 9597). La Déclaration de Lima scellera l'alliance des deux ensembles régionaux sur ces deux thèmes et abordera également d'autres enjeux tels que la hausse du prix des produits alimentaires, les migrations, la politique commerciale et la lutte contre la drogue.

Dans ce contexte, plusieurs chefs d'État et de gouvernement ont annoncé leur intention de faire des propositions concrètes pour contribuer à résoudre les problèmes inscrits à l'ordre du jour du Sommet, notamment concernant la protection de l'environnement. C'est en effet dans les pays du Sud qui polluent le moins que les effets des changements climatiques sont d'ores et déjà les plus visibles. Le président péruvien Alan García suggérera la création d'un fonds mondial pour la reforestation. Alimenté par un impôt sur les combustibles fossiles, ce fonds pourrait, selon lui, collecter plus de 20 milliards de dollars par an qui serviraient à planter des arbres sur dix millions d'hectares. Le président guatémaltèque Álvaro Colomb est d'avis que les dégâts occasionnés aux ressources naturelles devraient faire l'objet de compensations visant à améliorer les conditions de vie des populations affectées. Le président équatorien Rafael Correa présentera le « projet Yasuní ITT » dans le cadre duquel l'Équateur s'engage à suspendre l'exploitation de son plus important champ pétrolier situé dans le parc naturel Yasuní en échange d'un financement international équivalent à la moitié des entrées fiscales qu'aurait permises la production de pétrole. Concernant la lutte contre la pauvreté, le président panaméen Martín Torrijos devrait suggérer la mise sur pied d'une bourse d'excédents alimentaires qui seraient répartis sur la base de prix et de droits de douane prédéfinis. Le président vénézuélien Hugo Chavez proposera la création d'un fonds allouant chaque année un milliard de dollars aux nations les plus pauvres. Le Premier ministre espagnol José Luis Zapatero confirmera la création d'un fonds pour l'accès à l'eau auquel sera alloué 1,5 milliard de dollars sur quatre ans.

Symbole de l'unité euro-latino-américaine, la Déclaration de Lima peinera à masquer les tensions entre pays latino-américains et surtout au sein de la Communauté andine des nations (CAN), sous-ensemble régional regroupant la Bolivie, la Colombie, l'Équateur et le Pérou. Les relations diplomatiques entre l'Équateur et la Colombie sont loin d'avoir repris leur cours normal. Elles avaient été rompues début mars après l'incursion de l'armée colombienne sur le territoire équatorien visant à éliminer un dirigeant des Forces armées révolutionnaires de Colombie, sans que Quito en ait été informé. M. Correa souhaiterait qu'une force européenne soit déployée le long de la frontière entre les deux pays, une idée à laquelle seule l'Espagne a réagi positivement. En Bolivie, suite à l'action de plusieurs provinces sécessionnistes, un référendum national aura lieu mi-août pour confirmer, ou destituer, le président Evo Morales. Celui-ci a annoncé début mai la nationalisation de plusieurs multinationales des secteurs de l'énergie et des télécommunications, position qui heurte les intérêts commerciaux d'entreprises européennes et latino-américaines concernées. Il a également accusé ses homologues péruvien et colombien de vouloir négocier des accords commerciaux bilatéraux avec l'UE, comme ces deux pays l'ont fait avec les États-Unis. Cette situation pèse naturellement sur l'avancée des négociations visant à aboutir à la signature entre la CAN et l'UE d'un accord d'association qui comporte aussi un volet commercial (voir EUROPE n° 9656). D'autant que, à Lima, la chancelière allemande Angela Merkel s'est déclarée favorable au lancement de négociations uniquement avec les pays déjà prêts sans forcément attendre les pays qui ne le seraient pas. Côté européen, la ligne officielle consiste à louer les vertus de l'intégration régionale, en tant que meilleur moyen de stimuler la croissance économique et in fine de résorber la pauvreté. L'UE et la CAN se réuniront ce samedi pour faire le point.

Samedi, d'autres mini-sommets auront lieu entre les pays de l'UE et du Mercosur, de l'Amérique centrale ainsi qu'avec le Chili et le Mexique (voir EUROPE n°9661). Lors du Sommet de Lima, la pleine participation du Panama aux négociations entre l'UE et les pays d'Amérique centrale en vue de la conclusion d'un accord d'association devrait définitivement être avalisée. En visite à Mexico City cette semaine avant de rejoindre la capitale péruvienne, le président de la Commission, José Manuel Barroso, a loué l'évolution de la coopération entre l'UE et le Mexique. Il est temps de franchir une étape supplémentaire en mettant en place « une association stratégique », a-t-il estimé. Enfin, sous l'impulsion de la diplomatie espagnole, le Sommet UE/Amérique latine pourrait être l'occasion de faire le point sur les mesures européennes de 2003 sanctionnant le gouvernement cubain en représailles de la répression ayant touché plusieurs dizaines d'opposants au régime castriste (voir EUROPE n°8926). La passation de pouvoir entre les frères Castro s'est accompagnée cette année de mesures accroissant les libertés civiles des Cubains. (M.B.)

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