Bruxelles, 16/05/2008 (Agence Europe) - La Commission européenne a adopté, mardi 13 mai, la proposition qui donne le détail du nouveau protocole à l'accord de partenariat dans le secteur de la pêche entre l'Union européenne et la République Islamique de Mauritanie. Ces changements avaient été convenus entre les parties le 13 mars dernier (EUROPE n° 9623). Les possibilités de pêche et la contrepartie financière versées par l'UE aux autorités de ce pays sont revues à la baisse. Le Conseil des ministres de l'UE est appelé à adopter rapidement ce texte, car les nouvelles dispositions de l'accord couvriront la période allant du 1er août 2008 au 31 juillet 2012.
Selon le nouveau protocole, les possibilités de pêche ont été réduites de 25% pour la catégorie céphalopodes , de 10 à 50% pour les catégories démersales et de 43% pour la catégorie des petits pélagiques. La contrepartie financière payée par l'UE aux autorités mauritaniennes est fixée à 86 millions d'euros durant la première année (août 2008 à fin juillet 2009), 76 millions d'euros la deuxième, 73 millions d'euros la troisième et 70 millions d'euros la quatrième (août 2011 au 31 juillet 2012). Ce qui fait une moyenne de 76,25 millions d'euros par an, contre 86 millions d'euros dans le protocole actuel qui sera remplacé.
Sur le total de 76,25 millions d'euros par an, l'UE versera des fonds pour la mise en œuvre de la politique sectorielle des pêches de la Mauritanie: 11 millions d'euros la 1ère année, 16 millions la 2ème, 18 millions la 3ème et 20 millions la 4ème année (contre 10 millions d'euros par an dans le protocole actuel), dont 1 million d'euros par an pour aider le Parc national du Banc d'Arguin. Les mesures financées au titre de la politique sectorielle des pêches de Mauritanie sont, notamment: des plans d'aménagement des pêcheries (poulpe, crevette…), la recherche halieutique et océanographique, le renforcement de la surveillance des navires, le développement de nouvelles pêcheries (sardines, anchois…), l'amélioration des infrastructures et des services portuaires, ou encore la promotion de la qualité et la préservation de l'environnement marin.
Les possibilités de pêche sont les suivantes: - crustacés (sauf langoustes), capacité maximale autorisée: 9 570 de tonnage brut (GT) (7313 pour Espagne ; 1371 pour Italie ; 886 pour Portugal) ; - chalutiers et palangriers ciblant le merlu noir, capacité maximale autorisée de 3240 GT (pour l'Espagne) ; - pêcheries démersales (autres que chalutiers et ciblant autres que merlu noir), 1162 GT de capacité maximale (pour Espagne) ; - chalutiers démersaux (ciblant des espèces démersales autres que merlu noir, céphalopodes et crustacés), 375 GT (pour la Grèce) ; - céphalopodes, 13 950 GT de capacité maximale pour 32 navires (24 espagnols, 4 italiens, 1 portugais et 3 grecs) ; - langoustes et crabes, capacité maximale de 300 GT (pour le Portugal) ; - thon, 22 senneurs (17 d'Espagne et 5 de France) et 22 canneurs et palangriers (18 pour Espagne et 4 pour France) ; - petits pélagiques (chalutiers pélagiques congélateurs), 17 licences pour un tonnage de référence de 250 000 tonnes (contre 440 000 dans le protocole qui est remplacé par le nouveau) ; - petits pélagiques (navires de pêche au frais), capacité maximale de 15 000 GT. Les redevances payées par les armateurs de l'UE rapporteront à la Mauritanie environ 15 millions d'euros par an. (L.C.)