Bruxelles, 08/05/2008 (Agence Europe) - Réuni à Athènes, le Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) a décidé, jeudi 8 mai, de conserver inchangés les taux d'intérêt de la zone euro. Le taux de soumission minimal appliqué aux opérations principales de refinancement reste donc à 4% et les taux d'intérêt de la facilité de prêt marginal et de la facilité de dépôt à respectivement 5 % et 3 %. « Nous pensons que l'orientation de la politique monétaire actuelle contribuera à atteindre notre objectif », a répété le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, en commentant devant la presse cette décision « unanime ».
La stabilité des prix reste en effet « notre objectif premier », a-t-il insisté, en mettant l'accent, comme lors des deux dernières réunions, sur les risques d'inflation, ce qui écarte encore un peu plus l'hypothèse d'une baisse des taux. Si, dans les conditions actuelles, les marchés ne s'attendent déjà plus à une telle réduction cette année, un resserrement des conditions monétaires est-il au contraire envisageable ? Il n'y a aucune raison de dire que le vocabulaire s'est appauvri et que le terme 'vigilance' a définitivement disparu, a-t-il rappelé. Systématiquement employé pour préparer le terrain d'une hausse des taux le mois suivant, le mot 'vigilance' pourrait réapparaître le moment venu, a indiqué M. Trichet qui se tient « en alerte permanente ».
Bien qu'en baisse par rapport au mois précédent, le taux d'inflation était encore de 3,3% en avril. La hausse des prix est ainsi restée supérieure à 3% au cours des six derniers mois et « nous pensons toujours que ces chiffres relativement élevés dureront encore un certain temps », a répété M. Trichet. A court terme, les pressions inflationnistes restent donc fortes, même si une modération progressive est attendue au cours de 2008. Pour que cette période de forte inflation reste temporaire, il est toutefois impératif d'empêcher les effets de second tour, a martelé M. Trichet, qui souhaite par-dessus tout éviter que des hausses de salaires ne viennent alimenter une spirale inflationniste déjà alimentée par les prix de l'énergie et des produits alimentaires.
Modérée, la croissance se poursuivra néanmoins tout au long de la première moitié de l'année 2008, a parallèlement souligné M. Trichet, qui se montre relativement confiant dans l'économie européenne. Le premier trimestre a montré la résistance de l'économie de la zone euro, qui présente toujours des fondamentaux « sains », a jugé le président de la BCE. L'incertitude entourant les prévisions économiques reste « inhabituellement élevée » et les « tensions persistent toujours » sur les marchés financiers, a-t-il confirmé, en attendant les prochaines projections des services de la BCE, qui seront publiées le 2 juin. (A.B.)