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Bulletin Quotidien Europe N° 9616
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Appel à faire de la santé des reins une priorité pour l'Europe

Bruxelles, 05/03/2008 (Agence Europe) - Alors que la Commission prépare un plan d'action sur la transplantation et une directive sur la qualité et la sécurité des greffons (EUROPE n° 9609), les maladies rénales chroniques se frayent une place parmi les priorités de l'agenda européen en matière de santé publique. Et le Parlement européen est prêt à mettre cette question sur son agenda, a dit Frieda Brepoels (PPE-DE, Belgique) devant le symposium qui s'est tenu, mardi 4 mars à Bruxelles au Parlement européen, sur le thème: « La maladie rénale chronique - l'épidémie européenne silencieuse - un appel au réveil». Ce symposium était organisé à l'initiative de Mme Brepoels pour marquer la célébration de la journée mondiale des maladies rénales chroniques le 13 mars prochain. Y ont notamment participé des néphrologues de renom, des psychologues, des aides soignants, des politiciens, des médecins et des représentants d'organisations de malades. La Kidney Health Alliance (EKHA) et la World Kidney Association ont lancé un appel pour des politiques européennes de santé visant à prévenir et traiter les maladies rénales chroniques.

10% de la population totale en Europe est affectée par des maladies rénales et une insuffisance rénale chroniques. Le seul vrai traitement, c'est la transplantation, c'est-à-dire le remplacement de l'organe malade, de l'avis des scientifiques présents. Mais pour cela, il faut des donneurs, et ceux-ci manquent à l'appel. La dialyse est alors indispensable dans l'attente d'un donneur. De plus, les patients doivent faire face à un autre obstacle: le traitement coûte très cher. Diététique de vie rigoureuse, pratique d'un sport, soutien de la famille et contrôles réguliers sont la base d'un programme permettant au malade ayant subi une transplantation de renouer avec la vie et de contrer les dépressions et d'autres problèmes psychologiques. Dans les années qui viennent, le nombre de personnes touchées par ces maladies est appelé à s'accroître très rapidement. Ces maladies présentent en effet un lien avec d'autres fléaux modernes comme le diabète, une pression sanguine élevée, l'obésité et les maladies cardio-vasculaires. Prévention et détection précoce des symptômes sont donc essentiels pour que tout un chacun puisse vieillir en bonne santé. Telle fut la teneur des exposés scientifiques et médicaux. Il est essentiel que (1) les gens comprennent ce qu'est la vie avec cette maladie, (2) le malade accepte sa maladie, (3) les gouvernements agissent non seulement pour aider les malades mais aussi mettent en place des politiques de prévention.

Le président d'EKHA (European Kidney Health Alliance), le professeur Andrew Rees (Institut de pathologie clinique, Faculté de médecine à Vienne, Autriche), a souligné que la maladie rénale présente un sérieux défi pour les Européens et pour les personnels soignants. Il a expliqué le rôle de la fonction rénale qui est de: - filtrer le flux sanguin afin d'éliminer les excès d'eau, de sel et de toxines ; - maintenir la volémie et l'équilibre des composants chimiques de l'organisme ; - produire des protéines essentielles qui contrôlent la pression artérielle ; - préserver l'équilibre osseux ; - prévenir l'anémie. Les défis des maladies rénales chroniques sont les suivants: - elle est fréquente, et souvent au stade initial symptomatique ; - la dialyse ou la transplantation rénale s'imposent chez des patients souffrant d'insuffisance rénale chronique ; - la transplantation, qui est le meilleur traitement, est limitée par le manque de donneurs. Le Professeur Rees a rappelé les objectifs d'EKHA: sensibiliser à la notion de maladie rénale, promouvoir des standards de soins uniformes en Europe, encourager la recherche et le développement, coopérer avec les organisations européennes et faciliter l'échange d'informations sur ces maladies. « Le tout est à présent de convaincre les politiciens que nous devons agir urgemment pour faire de la santé des reins une priorité pour l'Europe », a conclu le Prof.Rees.

Frieda Brepoels a rappelé qu'au cours des dix prochaines années, le nombre de personnes atteintes de maladies cardio-vasculaires et de diabète vont doubler. « Je crois fermement que l'Union européenne peut jouer un rôle de leader ici », a déclaré la rapporteur pour le PE sur la communication « Le don d'organes et la transplantation: actions politiques au niveau européen ». Elle a estimé que des efforts pouvaient être fournis au niveau européen dans le cadre de la prévention mais aussi que les Etats membres devaient échanger leurs expériences dans ce domaine, faire tout pour améliorer les technologies existantes permettant de détecter à temps la maladie et garantir à tout Européen un accès égal à des soins de santé de très grande qualité. Mme Brepoels a également mis le doigt sur un obstacle de taille pour le patient: le coût des dialyses et de la transplantation.

Ancienne gestionnaire dans l'industrie hôtelière, Valérie Twomey, transplantée rénale, a expliqué son expérience, les petits pas, jour après jour, la diététique de vie, le sport pour refaire surface, le soutien total de sa famille, la vie après la transplantation pour arriver à la conclusion que « la transplantation de son rein l'avait sauvée. C'est tout simplement la meilleure chose pour traiter la maladie ». Et de lancer un appel pour souscrire à une « carte de donateur d'organes ».

Karen Jenkins, infirmière spécialisée dans les maladies rénales, a expliqué le déroulement de sa journée auprès des malades et les difficultés qu'ils rencontrent, lorsqu'après la transplantation de l'organe, la dépression survient parce que le patient doit continuer les dialyses.

Le professeur de néphrologie Paul E.de Jong (Faculté de Médecine, Groningen, Pays-Bas) a présenté les conséquences économiques de l'insuffisance rénale chronique. Et de lancer un conseil au monde médical et paramédical: « Pour optimiser le bien-être des patients, il y a lieu de surveiller l'albuminurie, la pression sanguine, la cholestérolémie, la présence ou non de diabète et d'estimer le taux de filtration glomérulaire (eGFR) ».

Le docteur Donald Donoghue, directeur clinique - soins pédiatriques (Salford Royal NHS Foundation Trust, Royaume-Uni), a détaillé les stratégies de santé publique à appliquer afin d'identifier l'insuffisance rénale chronique et d'en prévenir ses complications. Il a défini les principaux principes de prévention et de traitement des affections rénales, « le plus difficile étant l'éducation, l'habilitation et l'encouragement ». Il a également expliqué que la découverte d'une protéinurie (c'est-à-dire le défaut de filtration des glomérules) est un bon indicateur d'un facteur de risque de l'insuffisance rénale chronique. (G.B.)

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