Bruxelles, 05/03/2008 (Agence Europe) - Candidat désigné par les ministres des Finances de l'UE (EUROPE n° 9615), l'Allemand Thomas Mirow a toutes les chances de devenir en juillet le prochain président de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD). Il appartient encore au Conseil des gouverneurs, qui regroupe les 63 actionnaires de la banque, d'avaliser ce choix lors de sa réunion de Kiev les 18 et 19 mai prochains, mais le poste, actuellement occupé par le Français Jean Lemierre, est traditionnellement réservé à un Européen. La Commission européenne, la Banque européenne d'investissement (BEI) et les 27 Etats membres de l'UE, qui figurent tous parmi les actionnaires de la BERD, se partagent 66% du capital de la banque et les Etats-Unis, qui disposent de 10% des parts, paraissent se contenter du poste de vice-président. Mais si le poste lui semble promis, M. Mirow et la BERD auront à faire face à d'autres défis.
Instituée en 1991 pour faciliter la transition vers l'économie des marchés des anciens pays communistes, son rôle est en effet appelé à diminuer et disparaître dans les pays ayant adhéré à l'UE (comme elle vient de le faire en République tchèque, la BERD mettra progressivement fin, d'ici 2010, à ses activités en Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Pologne, Slovaquie et Slovénie). Elle pourrait dès lors cibler ses activités d'expertise et de cofinancement vers les pays du sud-est de l'Europe, l'Ukraine, le Caucase, l'Asie centrale et toujours la Russie. Les bénéfices enregistrés par la banque (2,4 milliards d'euros en 2006) font aussi débat, en particulier leur éventuelle redistribution. Les Etats-Unis sont favorables au paiement de dividendes, mais cette position n'est pas partagée par tous, de sorte que la vaste majorité des bénéfices sera encore mise en réserve cette année. « La BERD a un beau futur devant elle, notamment parce que son champ d'activité n'est pas figé », mais pour cela « la banque a besoin de ses profits » pour ses investissements futurs, indique l'entourage du commissaire Joaquín Almunia. Mis à part l'Australie, qui a indiqué qu'elle se retirerait du capital de la BERD, il n'y a pas de véritable tendance en ce sens, même si les Etats-Unis évoquent régulièrement cette possibilité, assure par ailleurs un porte-parole de la BERD. Si le vice-président de la BEI, Matthias Kollatz-Ahnen, a indiqué sa préférence pour une prise de participation majoritaire de la BEI dans le capital de la BERD, Philippe Maystadt a aussitôt rectifié le tir. Dans un communiqué, publié mercredi 5 mars, il rappelle que l'institution qu'il préside n'a pas à ce stade pris position sur le sujet. Ces questions, qui relèvent des ministres des Finances, ne sont pas à l'ordre du jour, mais le débat est lancé. (A.B.)