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Bulletin Quotidien Europe N° 9616
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/energie

L'escalade du conflit gazier russo-ukrainien inquiète l'UE

Bruxelles, 05/03/2008 (Agence Europe) - Le ministre slovène de l'Economie et président du Conseil Energie Andrej Vizjak et le commissaire à l'Energie Andris Piebalgs ont appelé Kiev et Moscou, mardi 4 mars, à un « effort déterminé » pour résoudre le différend commercial entre les compagnies russe Gazprom et ukrainienne Naftogaz. Ils ont en outre insisté pour que l'approvisionnement de l'UE reste sans interruption.

Après une première réduction - de l'ordre de 25% - de l'approvisionnement en gaz de l'Ukraine lundi 3 mars, Gazprom a annoncé son intention de réduire encore ses livraisons dans la nuit de mardi à mercredi et n'excluait pas de les réduire encore davantage dans les jours prochains « si la partie ukrainienne ne revient pas à la table de négociations ». L'énergéticien russe a toutefois promis que les fournitures à l'UE ne seraient pas affectées. Mardi, aucun Etat membre n'a signalé de réduction de l'approvisionnement.

Gazprom réclame à l'Etat ukrainien des arriérés de dette de 600 millions de dollars pour la période antérieure à 2007. Russes et Ukrainiens ont échoué à concrétiser l'accord de principe conclu le 12 février, qui prévoyait une simplification de leur schéma de livraison (EUROPE n° 9601). Mardi, le nouveau président russe Dimitri Medvedev, par ailleurs à la tête du conseil d'administration de Gazprom, a appelé Kiev à « intensifier ses efforts » pour régler la crise. Naftogaz a de son côté menacé de réduire le transit du gaz russe destiné à l'Europe via l'Ukraine si Gazprom continue de réduire ses livraisons. « Au cas où Gazprom continuerait de violer brutalement des accords techniques entre deux pays en baissant les livraisons de gaz d'Asie centrale vers l'Ukraine, Naftogaz se réserverait le droit de procéder à des mesures adéquates et asymétriques pour protéger ses consommateurs », a fait savoir l'énergéticien ukrainien. Son porte-parole a néanmoins tempéré les menaces en indiquant que la réduction de 50% de livraisons vers l'Ukraine évoquée par Gazprom n'était « pas assez critique » pour pousser Kiev à couper le transit. Mercredi 5 mars, le président ukrainien Viktor Iouchtchenko a appelé le gouvernement de Ioulia Timochenko à reprendre les négociations avec Moscou. Dans une lettre adressée à son premier ministre, M. Iouchtchenko fustige l'action du gouvernement ukrainien qu'il juge « insuffisante et inappropriée » pour mettre en œuvre l'accord qu'il a lui-même signé le 12 février à Moscou avec le prédécesseur de M. Medvedev, Vladimir Poutine.

Face à cette escalade, M. Piebalgs a dit espérer, mardi soir, « que les parties n'épargneront aucun effort pour arriver à une solution rapide et durable à leur différend ». « L'UE considère que, dans le passé, Gazprom a démontré son engagement à être un fournisseur fiable de gaz à l'UE, comme l'Ukraine a joué un rôle similaire en tant que partenaire de transport de l'UE », a-t-il ajouté. Le commissaire à l'Energie a, en outre, convoqué pour le 11 mars une réunion spéciale du Groupe de coordination sur le gaz, qui réunit les experts des Etats membres et de la Commission, et à laquelle sont conviés des représentants russes et ukrainiens. (E.H.)

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