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Bulletin Quotidien Europe N° 9615
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La lassitude gagne Peter Mandelson

Bruxelles, 04/03/2008 (Agence Europe) - Sur le front des négociations multilatérales, la lassitude semble gagner Peter Mandelson, déjà mis en difficulté au plan intérieur sur la politique antidumping (EUROPE n° 9614). Réuni avec les ministres du Commerce des pays les moins avancés (PMA), le 29 février dernier au Lesotho, le commissaire européen au Commerce a difficilement caché son pessimisme quant à la possibilité de parvenir au compromis attendu sur les modalités de libéralisation des échanges lors d'une réunion ministérielle en avril à Genève. Il a évoqué le « gros risque d'un échec » des discussions « à moins que les négociateurs ne restaurent l'équilibre entre les différents volets de la négociation », agriculture, produits industriels (NAMA) et services. « Ce serait le pire signal à envoyer alors que la communauté internationale cherche des solutions globales sur le changement climatique et les flux financiers », a-t-il averti, déplorant que les premières victimes soient, avant tout, les pays les plus démunis. En cas d'accord, les PMA doivent, en effet, bénéficier d'un cycle gratuit: ils n'auraient aucune concession à faire et bénéficieraient d'un accès sans droits ni quotas aux marchés des pays riches et émergents. « Je tiens à répéter que nous sommes face à la dernière opportunité pour trouver un accord », a insisté le commissaire, appelant à saisir l'occasion des prix élevés des produits agricoles mais également du calendrier électoral américain pour trouver un accord agricole. Son homologue brésilien Celso Amorim s'est montré plus confiant en évoquant, le même jour, de « vraies chances » pour un accord en 2008. L'attitude du Brésil est une des principales sources d'agacement de M. Mandelson qui exhorte en vain les pays émergents à ouvrir leurs marchés industriels et des services. « Le Brésil n'a pas clarifié sa position sur ce qu'il est prêt à concéder. Mandelson se lasse de ne pas savoir ce qu'Amorim a dans sa poche », explique une source à Genève. Outre l'immobilisme des émergents, M. Mandelson doit aussi faire face, en interne, aux réticences exacerbées d'une majorité d'Etats membres de l'UE qui estiment avoir déjà fait suffisamment de concessions en agriculture. Egalement présent en Afrique australe le week-end dernier, le directeur général de l'OMC, Pascal Lamy, n'a pas paru surpris que la position de M. Mandelson « se [raidisse] ». « La notion de la distance qu'il reste à parcourir avant la fin est manipulée tactiquement par chaque négociateur en fonction des cartes qu'il a en main. Nous sommes à un tournant ; il est donc normal que les négociateurs intelligents prennent ce genre de position », a-t-il noté. M. Lamy a aussi réaffirmé qu'un accord avant fin 2008 était « faisable ». Plusieurs sources convergentes à Genève évoquent néanmoins, pour cela, qu'une réunion ministérielle ait lieu en juin ou juillet et non en avril prochain. (E.H.)

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