Bruxelles, 28/02/2008 (Agence Europe) - La commission des Affaires étrangères du Parlement européen a adopté, mercredi 27 février, par 62 voix pour, aucune contre et deux abstentions, le rapport d'initiative d'Ana Maria Gomes (PSE, portugaise) sur le rôle de l'UE en Irak. Ce rapport, qui sera voté en plénière le 13 mars prochain, contient une proposition de recommandation à l'intention du Conseil, appelant à « intensifier non seulement quantitativement, mais aussi et surtout qualitativement l'aide de l'Union européenne aux efforts de l'ONU afin de construire un Irak sûr, stable, unifié, prospère et démocratique ».
Le soutien aux réformes relatives à l'Etat de droit et à la justice, l'amélioration du processus électoral et le renforcement du système de santé sont parmi les priorités sur lesquelles l'assistance de l'UE devrait se concentrer. L'instrument européen pour la promotion de la démocratie et des droits de l'homme dans le monde doit être pleinement utilisé pour fournir une assistance technique et financière aux organisations de la société civile irakienne, ajoute la commission parlementaire, qui recommande au Conseil de « demander avec insistance à la Commission d'assurer la transparence et l'efficacité de l'aide de l'UE en Irak ». Au plan sécuritaire, l'UE devrait notamment rendre contraignant son code de conduite sur les exportations d'armes et assurer la destruction des stocks d'armes dans les Balkans et ainsi éviter leur envoi en Irak. Et de souhaiter que des règles claires en ce qui concerne l'utilisation de sociétés militaires et de sécurité privées par des institutions de l'UE soient mises en place.
Les députés de la commission parlementaire pressent aussi la Turquie de « respecter l'intégrité territoriale de l'Irak et de ne pas réagir aux actions terroristes par des actions militaires sur le territoire irakien ». Un appel relayé jeudi 28 février par le vice-président de l'Assemble nationale irakienne, Shaykh Khaled al-Attiyah, en visite à Bruxelles. Devant la presse, il a dénoncé « une violation flagrante de la souveraineté irakienne » et a exigé le retrait « le plus vite possible ». La veille, la Turquie avait refusé de fixer un terme à son incursion, intensifiant son offensive contre les rebelles kurdes du PKK dans le nord de l'Irak. Le Premier ministre irakien, Nouri al-Malicki, se rendra à Bruxelles en avril afin de renforcer le partenariat avec l'UE, a par ailleurs indiqué son porte-parole. (A.B.)