Bruxelles, 26/02/2008 (Agence Europe) - La commission des affaires étrangères du Parlement européen a débattu, lundi 25 février, en présence du Représentant spécial de l'UE pour le Moyen-Orient, Marc Otte, de la situation à Gaza et en Cisjordanie, proprement qualifiée de catastrophique. « La situation est dangereuse, incertaine », selon le Représentant de l'UE. Pratiquement toutes les interventions, aussi bien du président de séance, Jacek Saryusz-Wolski (PPE-DE, Pologne) que de M. Otte ou des eurodéputés présents, ont illustré l'inquiétude croissante qui résulte du blocage de la situation sur le terrain. Cela vaut tant au plan sécuritaire, humanitaire et économique que dans les pourparlers. Une conclusion unique paraît s'imposer: il n'y a pas d'autre choix que de continuer à prôner la fin des tirs de rockets (venant de Gaza occupée par Hamas) et des actes de colonisation et de l'étranglement économique et humain, du côté de l'occupant israélien. Car, observe M. Otte, l'important à ce stade est de constater que « malgré les échecs et les divers développements négatifs (sur le terrain), les deux parties continuent à se parler, même si de sérieuses divergences demeurent en l'état, notamment sur Jérusalem-Est ». Il se réjouit que les dirigeants des deux parties aient choisi la confidentialité dans leurs négociations et il s'attend à l'amorce d'un accord « d'ici fin 2008 ». L'essentiel étant, à ses yeux, de contrer le « pessimisme » ambiant et de contenir tous les actes pouvant nourrir l'agressivité et «contenir les groupes violents », de part et d'autre.
L'UE, dans ce contexte, n'a d'autre choix que de maintenir le cap et tenter de « concrétiser sa stratégie ». Le peu qu'elle puisse faire est bien mieux que de demeurer passif, a en substance déclaré M. Otte. « Malgré le scepticisme » sur les chances de paix il faut continuer à agir, a-t-il affirmé, détaillant l'ensemble des mesures initiées par l'UE aussi bien au plan sécuritaire (envoi de forces de police, encadrement et formation des forces de l'ordre palestiniennes) que financier. Il a évoqué à ce propos la forte contribution européenne à la survie économique des territoires occupés, Cisjordanie comme Gaza, malgré, pour ce dernier territoire, l'interdit visant Hamas. Mais M. Otte ne croit pas qu'il soit possible, en réponse à une question posée par Véronique de Keyser (PSE, Belgique), d'y envoyer une force d'interposition. « Les deux parties doivent le demander et l'accepter », a-t-il expliqué.
M. Otte et les députés ont abordé la question de la liberté de circulation et de passage entre Gaza et l'Egypte (Rafah) et leur vœu le plus ardent est qu'une solution soit trouvée pour parer à l'étouffement de la vie civile et économique de manière à ne pas aggraver le désespoir des populations. Michael Gahler (PPE-DE, Allemagne) s'est inquiété de savoir si l'UE est seule, parmi les donateurs internationaux, à payer réellement. Ana Gomes (PSE, Portugal) a exprimé sa frustration et a « l'impression que l'UE n'agit pas à bon escient » et affirme même sa « honte » devant l'inaction actuelle. Philippe Morillon (ADLE, France) avoue son « découragement » et se demande ce « que peut faire l'UE sinon payer ». Même frustration exprimée par Margrete Auken (Verts/ALE, Danemark) et par Luisa Morgantini (GUE, Italie), laquelle se demande ouvertement si l'UE ne doit pas recourir « à l'article 2 » (sur les droits de l'Homme) de l'accord d'association UE-Israël. Personne ne semble cependant convaincu de l'utilité de sanctions. M. Otte pense, au contraire, qu'il sera plus constructif de nouer des relations plus poussées avec Israël (une session du Conseil d'association aura lieu en juin) et d'appeler les pays arabes à « être plus actifs ». (F.B.)